Le CH de Luynes (37) manifeste sa colère le 15 janvier dans la rue
(voir également l'article de France Bleu : « La hiérarchie ne se rend pas compte du travail que l'on fait" : la colère monte à l'hôpital de Luynes »
Notre Santé en Danger
Rendez-vous le mardi 16 juin à 15H place Jean Jaurès
(voir également l'article de France Bleu : « La hiérarchie ne se rend pas compte du travail que l'on fait" : la colère monte à l'hôpital de Luynes »
Àprès 2 semaines de grève, les personnels du CH de Luynes faisaient un rassemblement ce 5 décembre à l’appel de FO et SUD devant l’établissement pour appuyer les négociations pour une amélioration des conditions de travail.
Depuis l’après covid les dégradations de condition de travail et de soins avec les absences non remplacées sont devenus au-delà de l’acceptabilité. A ce jour il y a 13,5 % d’absentéisme.
Le 22 novembre le personnel s’est mis en grève.
Une réunion de négociation devait avoir lieu le 6 décembre.
Les revendications concernent la dégradation des soins et des conditions de travail, le manque de matériel, la demande de fauteuils conformes, la demande de formation pour distribution des médicaments par les AS ( normalement une infirmière doit être présente), le refus du management autoritaire, le droit syndical...
La direction a commencé à reprocher aux grévistes de faire une entrave au service public par son rassemblement et de prendre en otage le personnel et les usagers ! Puis, devant les griefs exposés par les collègues elle a finalement proposé des réorganisations en disant que tout le monde était dans le même bateau et subissait la restriction des budgets, 2 millions pour le CH de Luynes. Ce à quoi le personnel a répondu qu’il ne tenait qu’à eux de soutenir les revendications du personnel auprès des instances de tutelle.
Le directeur a ensuite proposé des heures supplémentaires gérées par logiciel Hublo pour pallier aux absences ; ce système, déjà connu au CHRU de Tours, génère encore plus d’absences par épuisement.Une manifestante a répondu que quand elles reviennent sur leurs repos elles aimeraient pouvoir récupérer en repos et non se voir dire au 31 décembre que ce sera versé au CET Compte Épargne Temps ! Ce qu’il faut ce sont de vraies embauches pérennes donc mettre les moyens pour fidéliser le personnel.
Au total un rassemblement qui a permis au personnel en grève de s’exprimer, de montrer sa force de recevoir le soutien de familles qui passaient voir des résidents. Une étape importante dans la lutte pour la reconnaissance de ses revendications. Des chansons composées par le personnel ont ajouté une note d’enthousiasme dans cette lutte. Malgré tout, une aide-soignante qui travaille depuis plus de 30 ans dit que le sourire des résident.es est la meilleure des récompense et ne lui ferait pas lâcher le travail, ce qui n’empêche qu’elle se bat pour de meilleures conditions de travail et de lutte même s’il faut aussi résister à la culpabilisation des grévistes.
Le collectif 37 Notre santé en Danger appelle à élargir le soutien aux grévistes en faisant connaître leur lutte et en manifestant leur solidarité dès que c’est possible.
interview d’1 ASH et 1 AS du SMR Soins Médicaux et Réadaptation
Depuis 1 an, nous avons des cas de plus en plus lourds sans personnel supplémentaire et sans matériel adapté.
Pour le planning, nous ne sommes pas prévenues des changements ; les temps partiels, 80 et 60 % ne sont pas respectés. Le SMR comprend 50 lits au rez de chaussée et 21 lits au 1er étage, secteur 3. Nous sommes 6 pour le rez-de chaussée . Avant les patients relevaient surtout de la suite d’orthopédie ; maintenant ils présentent des multi-pathologie, soins palliatifs, maladie d’Alzheimer, cas psychiatriques …
Il faudrait pour ce service 1 AS en plus le matin et 1 l’après-midi
interview d’une AS en EHPAD
60 résidents dont certain.es présentant la maladie d’Alzheimer beaucoup de grabataires ou jà stimuler
Il y a 8 agents le matin + 2 postes hôteliers et 2 IDE en théorie ; En réalité depuis l’après covid il manque 1 IDE et les 2 postes hôteliers . Les AS servent les petits déjeuners + aide aux médicaments.
L’AM 4 AS + 2 postes d’entretien et 1 IDE Maintenant il y a un poste d’entretien en moins qui aidait au goûter à la vaisselle…
Un nouveau poste K4 a été mis qui ne fait que du ménage à la suite de plainte de familles qui voyaient des moutons dans les chambres, sachant que le personnel en procédure dégradée privilégie les soins aux patient.es. Les chambres sont plus propres mais il y a moins de personnels pour les soins donc le problème n’est pas réglé. Parfois il n’y a pas d’IDE l’après-midi.
La nuit elles ne se retrouvent souvent que 4 pour faire le travail.
Aujourd'hui à 15h, 300 personnes : soignants et usagers des services de santé, étaient rassemblés devant la préfecture d'Indre et Loire pour réclamer une revalorisation de 183€ pour toutes et tous les exclus du Ségur dans le social, médico-social et soins à domicile.
Les personnes présentes, dont le mot d'ordre était à TRAVAIL ÉGAL = SALAIRE ÉGAL, ont ensuite défilé dans les rues de Tours jusqu'à la place Jean Jaurès.
Voici l'intervention qu'a alors faite Marie-Pierre Martin, au nom de la CGT.
Marie-Pierre est aide-soignante dans un Service de Soins à Domiciles à la MFCVL Mutualité Française du Val de Loire. Elle est également membre active ou présidente de notre Collectif 37 Notre Santé en danger.
« Avec la crise sanitaire liée au Covid, le gouvernement ne pouvait plus fermer les yeux comme il le faisait depuis des années, sur les mobilisations dans les hôpitaux et dans les EHPAD.
« Le manque de lits, de matériel, de personnel et la faiblesse des rémunérations ont été mis au grand jour. Les négociations du Ségur de la santé étaient censées répondre aux revendications.
« Sous la pression des mobilisations des soignants et aussi des usagers qui les ont soutenus, une augmentation de 183€ mensuel a été obtenue, (c’est 300€ qui étaient revendiqué), pour les hospitaliers et les EHPAD, mais les contreparties sont lourdes et vont amener toujours plus de dérèglementation, d’individualisation du temps de travail, et la fin de l’unité de la Fonction Publique Hospitalière. Mais de plus, cet accord a exclu tous les personnels du médicosocial et du social de la revalorisation salariale : la CGT n’en a pas été signataire
« Comme nos collègues de l’hôpital et des EHPAD, ces professionnels, publics ou privés, essentiellement des femmes, souvent à temps partiel, ont été en première ligne, que ce soit à domicile, dans la protection de l’enfance, dans les établissements pour adultes ou enfants handicapés, auprès des migrants, des sans domicile, souvent sans équipement de protection, invisibles, ils ont accompagné et accompagnent toujours d’autres invisibles dans cette crise sanitaire.
« Cette exclusion est totalement injuste et incohérente : à l’heure où on n’arrête pas de nous parler du maintien à domicile des personnes âgées et handicapées, du virage ambulatoire, comment justifier qu’une aide-soignante à domicile soit moins bien rémunérée qu’une aide-soignante en EHPAD ? partout les postes vacants se multiplient et les recrutements vont devenir impossible. Même nos directions d’établissements s’inquiètent de la situation qui devient explosive, et disent nous soutenir et soutenir nos revendications …mais sans aller jusqu’à payer les journées de grève !
« Depuis le Ségur, et malgré la crise sanitaire qui se poursuit, on continue de fermer des lits de restructurer, et le Projet de Loi de Finance de la Sécurité Sociale ne sera pas à la hauteur des besoins, pendant que l’argent magique tombe dans l’escarcelle des plus grandes entreprises qui en profitent pour licencier. Nos secteurs du médicosocial et du social subissent les mêmes politiques d’austérités depuis des années, avec des conditions de travail qui se dégradent, les mises en concurrence, les mutualisations de moyens, les suppressions de postes, les glissements de tâches et les salaires gelés mais c’en est trop ! aujourd’hui nous voulons des embauches, de meilleures conditions de travail et qu’à travail égal, il y ait salaire égal.
« Nous ne devons compter que sur nous-même et sur nos luttes pour obtenir les 183€ pour toutes et tous ! »
La 2ème vague d’épidémie est descendante et l’on se prend à espérer enfin souffler pour reprendre une vie sociale et familiale, sortir du confinement et de ses coercitions insupportables. Mais en même temps, nous nous inquiétons de l’insuffisance de prise en compte des personnes âgées, et des personnes qui les soignent comme si elles étaient quantité négligeable. C’est un phénomène qui date de dizaines d’années et qui apparaît plus évident pendant cette crise.
Dans cette deuxième vague, les patients reçus en réanimation sont plus jeunes, 50 - 60 ans, ce qui n’empêche pas ces services d’être en tension par manque de personnel formé. La période entre les 2 pics n’a pas permis de former des personnels pour la réanimation parce que les effectifs étaient tendus pendant les vacances avec aussi la nécessité de rattraper le temps perdu pour les soins qui ont été reportés.
La réanimation n’est pas adaptée pour les personnes âgées, nous dit-on, c’est un argument qui peut s’entendre mais alors qu’on donne les moyens à ces lieux de vie de les soigner et non de mettre en difficulté le personnel en lui demandant de faire l’impossible. Que ce soit pour leur donner une chance de passer le cap ou de les accompagner dans leurs derniers moments, il faut du personnel qualifié et qui ne passe pas son temps à courir !
Dans notre département, de nombreux EHPAD ont été touchés notamment les plus gros : Puygibault à Loches (144 résidents positifs sur 207) a eu 23 décès, la résidence Debrou à Joué les Tours (32 cas le 16 novembre sur 234 résidents) a eu 9 décès, la Maison de Beaune à Ballan a eu 65 patients positifs sur 116 résidents et 13 décès sans compter les soignants dont un certain nombre ont été atteints par la maladie, à la Vasselière à Monts 29 résidents positifs sur 120 et 5 décès .
Certains facteurs structurels favorisent l’ampleur de cette crise et de la contamination comme l’augmentation de la taille des établissements pour économiser sur les coûts qui favorise la concentration.
Autre facteur favorisant, les quotas de personnel scandaleusement insuffisants par rapport aux patients, dénoncés depuis plusieurs années. Ils sont tels qu’après un gros effort avec la première vague, le personnel n’en peut plus et fuit les métiers du soin, les écoles ont du mal à recruter.
Le manque de personnel pérenne amène un turn-over d’intérimaires ou de personnels de tous bords et pas forcément avec la qualification adéquate. Les agences d’intérim n’ont jamais été autant sollicitées. Les personnels appelés à la rescousse viennent de tous les horizons, intérim, élèves, autres services et pas forcément avec la formation adéquate. Pour y pallier, la DGOS Direction Générale des Soins en octobre a proposé une formation d’aide-soignant "en 15 jours" pour toute personne non-soignante qui le désirerait pour combler les trous… ce qui a fait bondir les professionnel.les
Avec la pénurie, les personnels positifs asymptomatiques ont pu être encouragés à venir travailler. Les jours de carence pour maladie ont été remis depuis le 18 juillet, encourageant à venir travailler même avec de petits signes.
Que ce soit dans les EHPAD ou à l’hôpital, la vision à court-terme empêche de prendre en charge une telle crise sanitaire. Il est impossible de favoriser une politique libérale et de prévoir en même temps des services publics avec des moyens pérennes en lits et en personnel pour les éventuelles crises. Non, il faut toujours éviter les coûts dits superflus pour permettre de rentabiliser et de faire du profit. Les conséquences humaines et économiques ne peuvent être anticipées dans un système qui ne voit qu’en terme de coûts et profits.
La crise de COVID n’a fait qu’accélérer des problèmes qui existaient et les fonds mis pendant la pandémie ne servent pas à inverser la tendance. Les mesures du SEGUR en termes de revalorisation salariale ne suffisent pas pour empêcher la fuite des professionnels du soin.
Nous n’acceptons pas qu’une partie de la population soit délaissée et le personnel avec. Il est urgent de reconsidérer la prise en charge des personnes âgées en mettant des moyens pérennes et de respecter le personnel qui s’en occupe, en EHPAD, à domicile, à l’hôpital.
Nous soutenons la demande des personnels pour une revalorisation salariale qui permettrait aussi de faciliter les recrutements.
Collectif 37 Notre santé en danger le 2 décembre 2020

Communiqué de la Coordination Nationale

Lure le 19 juin 2020
Le gouvernement doit entendre la mobilisation des personnels de santé et de la population : le succès des rassemblements et manifestations le 16 juin a dépassé toutes les prévisions. Les soignants n'en peuvent plus et ne peuvent se contenter de reconnaissance en parole, en médailles ou en primes, la population comprend de plus en plus l'enjeu des moyens pour notre service public de santé. Partout les mobilisations ont été massives comme à Nantes, 10 000 participants et dans des villes de taille plus modeste : plus de 2000 à Besançon ou Quimper, 600 à Privas et Toul, 700 à Angoulème ... Tous les départements ont eu un ou plusieurs rassemblements, comme par exemple dans le Jura Lons le Saunier, Dole et Saint Claude !
Le Ségur de la Santé, cette initiative médiatique du gouvernement, doit changer de braquet et devenir un véritable lieu de négociations pour arrêter toutes les réductions et suppressions de services, pour obtenir des moyens nouveaux pour l'hôpital (des lits, des créations de postes et des revalorisations salariales) et déboucher sur des propositions pour une nouvelle organisation du système de santé public assurant une réelle proximité avec une véritable démocratie sanitaire.
La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité tient par ailleurs à condamner les violences policières qui ont eu lieu une fois de plus lors de la manifestation parisienne du 16 juin.
La Coordination Nationale, avec ses comités et ses partenaires, va poursuivre la mobilisation en continuant les affichages débutés pendant le confinement, en initiant des actions multiples et en participant à toutes les mobilisations communes avec l’ensemble des organisations engagées pour que la population ait une vraie réponse aux besoins de santé.
C'était bien une vague blanche ce 16 juin qui a envahi les rues de Tours à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO santé et le SNMH, SUD, le collectif 37 Notre santé en danger et le collectif inter-urgence.
Cette mobilisation a dépassé nos espérances, preuve qu'on n'achète pas le personnel de santé avec des médailles en chocolat ou des primes à géométrie variable et qu'il faut bien plus que les honneurs du 14 juillet pour la reconnaissance des professions du soin.
Quatre organisations syndicales du département, CGT, SUD FO, FSU, appelaient à une mobilisation mercredi 27 mai, date anniversaire du Conseil Nationale de la Résistance, autour du champ Giraud, où se trouvent les antennes départementales de l'Agence Régionale de santé et de la Sécurité sociale, pour la levée de l'état d'urgence, pour réclamer des moyens pour l'hôpital public, les EHPAD, la protection sociale et pour que la crise sanitaire ne devienne pas une crise sociale qu'on nous fera payer.
Le Collectif santé appelait à participer à cette mobilisation tout en respectant, bien sûr, les mesures barrières, en ajoutant à ces revendication la formation de professionnels de santé en nombre suffisant pour qu'il n'y ait plus de déserts médicaux.
Paris, le 20 novembre 2019<
Les collectifs : Inter-Blocs, Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux et les associations : Printemps de la Psychiatrie et Coordination Nationale des Comités de Défense des Maternités et des Hôpitaux de Proximité ainsi que les organisations syndicales représentatives médicales et paramédicales : AMUF, APH, CFE-CGC, CFTC, CFDT, CGT, SUD, UNSA, réagissent ensemble aux annonces faites ce matin par le Premier Ministre.
Ils notent que pour la première fois le gouvernement à son plus haut niveau réagit à une mobilisation qui a débuté il y a plusieurs mois dans les services d’urgence et qui s’est étendue à l’ensemble de l’hôpital et des établissements médicosociaux et sociaux, touchant l’ensemble des catégories professionnelles.
Elles considèrent que ces annonces sont très loin de répondre aux attentes des personnels dont nous rappelons les revendications :
Nous exigeons de véritables négociations et d’être reçus par le Président de la République et le Premier Ministre pour sortir de la crise actuelle.
Nous poursuivons ensemble la mobilisation et réaffirmons aujourd’hui notre volonté et détermination d’avancer tous ensemble dans le but commun de défendre les conditions de travail de nos collègues et d’assurer la qualité et la sécurité des soins de nos patients.
PROFESSIONNELS, DES PATIENTS ET DE LEURS FAMILLES DANS ET AUTOUR DES ÉTABLISSEMENTS.
Les manifestations de la santé se suivent mais ne se ressemblent pas ; après les rassemblement conjoints avec les pompiers sur les revendications des moyens pour les urgences, ce sont les étudiant-es en médecine et les étudiant-es orthophonistes qui ont renforcé la mobilisation des hospitalier-ères et des EHPAD. Ils ont apporté aussi une joyeuse animation avec une fanfare entraînante.
La manifestation de plus de 500 personnes comprenait aussi un nombre non négligeable d’usager-ères qui se sentent concerné-es pour défendre leur santé. Un arrêt s’est fait devant l’ARS. La manifestation a demandé à la direction de l’ARS de descendre écouter les revendications.
Les témoignages se sont succédé, du personnel soignant, des orthophonistes, des syndicats ( CGT, CFDT, FO, SUD), le collectif inter urgences et le collectif 37 Notre Santé en Danger et des usagers. A noter que la FSU a interrompu son assemblée générale pour venir participer à la manifestation.
Une militante du collectif santé a donné son expérience de l’hôpital en saluant le dévouement du personnel malgré les conditions de travail dont elle a constaté qu’elles se dégradaient au fil des années ; elle a dénoncé aussi les conséquences de l ‘ambulatoire qui augmente l’angoisse des patients et reporte sur les familles la surveillance des malades.
Un dying spectaculaire a matérialisé les conséquences de la dégradation des conditions de travail et de soins « qui nous tuent ».
La manifestation s’est terminée par un goûter sur la place Jean-Jaurès pour continuer à échanger avec la population.
Le 14 novembre, ne laissons pas les professionnels de santé seuls dans la rue pour défendre les hôpitaux et les EHPAD. Les usagers doivent aussi se mobiliser pour garantir des moyens pour la santé et l'accès aux soins pour tous.

Le 20 décembre, le Collectif 37 notre Santé en Danger présenté son film « Clocheville à vendre ? », dans le cadre d’une soirée débat, « Quel avenir pour l’hôpital ? », organisée au cinéma les « Studio » de Tours.
140 personnes s'étaient déplacées, un succès pour une période très proche des fêtes.
Le débat était animé par la présidente du collectif Notre Santé en Danger et une infirmière de SUD du CHU dont il faut souligner le courage vu les menaces de la direction du CHU à l’encontre des salariés et syndicats pour qu’ils ne s’expriment pas publiquement sur les dangers concernant les plans de restructuration de l’hôpital.
Suite à une pétition en mars de la CGT qui avait rassemblé plus de 4000 signatures, contre le plan régional de santé, le CESER Conseil Économique Social et Environnemental Régional a décidé de faire une enquête sur les conséquences de la fermeture de services dans les hôpitaux publics de proximité. Le CESER est une assemblée consultative composée de conseiller.es issus des organisations d’employeurs, de syndicats de salariés et du monde associatif et environnemental de la région sur des sujets intéressant la région.
Depuis juin il consulte syndicats, collectifs d’usagers et directeurs d’hôpitaux de la région touchés par les restructurations, Orléans, Tours, Le Blanc, Vierzon... C’est donc en rapport avec l’action menée pour la défense des usagers de l’hôpital de Tours que le collectif 37 Notre santé en danger a été invité à donner son point de vue sur les conséquences de la restructuration du CHRU le 26 octobre.
Lure le 12 Octobre 2018
« MA SANTÉ 2022 » : LA FIN DE L’ACCÈS AUX SOINS DE PROXIMITÉ
La Coordination, réunie lors de sa 30 ième rencontre nationale à Luçon, a analysé les annonces du plan « Ma santé 2022 » présenté par le Président de la République le 18 septembre dernier.
Nous dénonçons l’approche qui consiste à renvoyer les problématiques prégnantes de notre système de santé sur sa mauvaise organisation et à nier le sous-financement chronique dont il souffre depuis des années, en particulier à l’hôpital et dans les EHPADs, avec entre autres un manque cruel de personnels.
C’est d’autant plus scandaleux que de nouvelles restrictions budgétaires sont annoncées à hauteur de 3,8 milliards d’euros
Nous prenons acte positivement de la suppression du numerus clausus, proposition que nous portions officiellement depuis 2006 et plus récemment au travers de notre pétition nationale « Stop à la catastrophe sanitaire annoncée, exigeons l’accès aux soins pour toutes et tous » *. Cependant, cette seule annonce ne suffira pas à régler la question de la démographie médicale et des déserts médicaux qui en découlent.
En effet, il n’a été défini ni d’objectifs quantitatifs (combien de médecins par an), ni les moyens nécessaires aux universités pour accueillir d’avantage d’étudiants. Par ailleurs il n’est pas fait mention d’une évaluation des besoins sur les territoires. Ces mesures, au mieux, apporteraient une réponse dans une dizaine d’années, temps de formation d’un médecin.
Concernant l’hôpital public, avec l’annonce de la refonte en trois niveaux d’hospitalisation, c’est la poursuite et l’accélération des restructurations : de 250 à 350 hôpitaux supplémentaires verraient la fermeture de leur maternité, leur chirurgie, leur service de spécialités, leur service d’urgences, leur radiologie et deviendraient des hôpitaux de proximité « coquille vide ». Il y a donc tromperie dans le discours gouvernemental sur les structures de proximité.
L’ouverture des groupements hospitaliers de territoire au secteur privé se traduira par une privatisation de pans entiers d’activité. A terme, on peut craindre que la notion même d’hôpital public et de ses missions disparaissent au profit d’un modèle semblable à celui des États Unis.
L’e-médecine, outil qui devrait permettre une mise en relation des professionnels, un complément dans leurs pratiques, n’est vu que comme un moyen de les remplacer.
La relation dans le « prendre » soin des patients est totalement absente des objectifs de ce plan de santé.
S’agissant des EHPAD et de la perte d’autonomie, ils ne sont qu’à peine évoqués, alors qu’il manque des dizaines de milliers de postes.
La Psychiatrie, sinistrée perd de plus en plus sa spécificité.
En conclusion, face aux alarmes lancées depuis des mois dans le secteur de la santé, le gouvernement n’entend pas et poursuit dans la même voie : politique d’austérité et réductions des dépenses publiques, fermetures de services et suppressions de postes de soignants, glissement de la prise en charge par l’assurance maladie vers les complémentaires…
La Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité demande l’arrêt des fermetures et restructurations des établissements de santé publics de proximité et exige le retour à un maillage territorial égalitaire permettant de répondre aux besoins des populations partout :

Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité
« Aucun hôpital de proximité ne fermera » cette affirmation de Mme la Ministre de la Santé est une vraie provocation pour les défenseurs des hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay, ceux de Bichat et Beaujon, tous menacés de fermeture. Elle l’est aussi pour les populations et les professionnels de Gray, Chateaudun, Remiremont, Chatellerault, Sarlat, Ruffec, Granville, Aubagne, Morlaix, Creil...qui voient des services fermer et leur hôpital se vider de sa substance, devenir EHPAD ou « hôpital debout », comme l’Hôtel Dieu à Paris.
Cette déclaration de la Ministre va dans le même sens que le rapport du Haut Conseil sur l’Avenir de l’Assurance Maladie qui propose la multiplication de structures de proximité ,établissements qui n’auront plus rien à voir avec un hôpital et qui seront chargés du suivi de certaines maladies chroniques, des grossesses « normales » et n’auront plus ni plateaux techniques, ni services d’urgence.

Si elle ne ferme pas, donc, elle fait pire, en supprimant l'essentiel des services et en vidant de sa substance et de son attractivité les centres sanitaires publics ; elle fait croire que les solutions réductives proposées sont suffisantes, au mépris des besoins des territoires, des personnels et des populations.
Pour ces derniers, justement, les propos de la Ministre ne sont pas moins scandaleux puisqu’elle admet qu’il est normal de fermer des services d’urgence dans les zones où il y a moins de population pour en ouvrir là où il y en a le plus: quelle égalité des citoyennes et des citoyens pour l’accès aux soins ?
En fait, de réformes en réformes et aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour la démographie médicale, notre système de santé en est arrivé à la situation actuelle : concentration à outrance remettant en cause la proximité, manque drastique de médecins et autres professionnels de santé mais, dans le même temps, développement du secteur privé : 1389 établissements publics, 1009 cliniques privées à but lucratif et 691 établissements privés à but non lucratif (chiffres DREES 2017).
Car c’est bien là que le gouvernement, comme les précédents veut arriver: diminution des budgets publics, dont celui de la santé avec un PLFSS 2019 (projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) qui s’annonce une fois de plus en baisse pour le plus grand bénéfice des complémentaires privées.
Mme la Ministre, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ne peut accepter vos propos mensongers sur la situation actuelle : nous exigeons la reconnaissance du droit à la santé pour toutes et tous partout (droit inscrit dans le préambule de la constitution).
Pour cela, il faut maintenir et multiplier les hôpitaux de proximité qui doivent offrir sur chaque territoire : une maternité, un service de chirurgie générale, un bloc opératoire et un service d'urgences, un service de radiologie et un laboratoire : nous en sommes loin ! L'aménagement du territoire doit être plus que jamais égalitaire et solidaire. Or votre politique madame le Ministre fait tout le contraire dans le domaine sanitaire et bafoue les fondements de notre République.


La ministre des solidarités et de la santé a présenté son plan de mesures pour mieux prendre en charge la dépendance. Le Collectif 37« Notre santé en danger » estime que ce plan ne répond pas aux attentes et aux revendications des équipes pour l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées.
Les besoins en personnel pour assurer des soins de qualité et rattraper le retard de notre pays par rapport aux voisins européens (ratio d’un.e professionnel.le pour une personne âgée) sont chiffrés à environ 200 000. La Ministre en annonce 20 000 soit 10 fois moins ! Et cela ne compense même pas les suppressions des personnels en contrats aidés faites par le gouvernement Macron à son arrivée!
Pour éviter l’engorgement des urgences, elle préconise la présence d’infirmièr.e.s mutualisé.e.s d’astreinte de nuit sur plusieurs établissements alors que nous réclamons une présence d’infirmièr.e.s 24H/24H dans tous les établissements. Dangereuse et inefficace, puisque l’infirmière ne sera pas sur place, nous redoutons qu’une telle mesure ne se généralise et permette de supprimer, là où elle existe encore, l’infirmièr.e présent.e sur site la nuit !
Rien n’est prévu pour assurer une présence de médecins permettant la réalisation d'un suivi quotidien des résident.e.s. Le plan prévoit seulement de mieux prendre en charge la télémédecine ! Vive les consultations par écrans interposés...
Pour le secteur du soin à domicile elle propose 100 millions d'€ qui ne suffiront pas à combler la grande misère de ces emplois à domicile qui ont besoin de formation et de meilleures rémunérations pour des soins de qualité et éviter ces grands turn-over de personnel qui déstabilisent les personnes âgées.
Cette situation est inadmissible tant pour nos aîné.es que pour les professionnel.le.s.
La grande souffrance des équipes, la précarité et les bas salaires vont perdurer. Les personnes accueillies et leur famille devront encore subir l’insupportable .
Le mouvement profond qui s’était manifesté lors des journées d’action le 31 janvier et 15 mars dernier n’a pas été entendu.
C’est la preuve d’un véritable mépris envers les personnes âgées, leurs familles et les salarié.e.s qui les prennent en charge au quotidien.
Le collectif 37« Notre santé en danger » soutient et encourage les personnels et les familles à se mobiliser de nouveau pour obtenir les moyens pour une prise en charge digne et sécurisée des personnes âgées.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |