Place à la santé à Tours le 7 avril, une journée symbolique

Notre collectif a tenu a marqué cette journée internationale de la santé, car nous pouvons tous constater les difficultés grandissantes de la population pour se soigner. Les inégalités d’accès aux soins se creusent : 40% de la population renonce aux soins, 7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, dont 500 000 sont en ALD

Notre collectif a tenu a marqué cette journée internationale de la santé, car nous pouvons tous constater les difficultés grandissantes de la population pour se soigner. Les inégalités d’accès aux soins se creusent : 40% de la population renonce aux soins, 7 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant, dont 500 000 sont en ALD.

La santé n’est pas préservée du marché, et l’argent de la Sécu va dans les poches des grands groupes privés lucratifs, tels Ramsay ou Elsan, dont on a vu avec les livres de Victor Castanet, comment la rentabilité prime sur tout, au détriment des usagers.

Les gouvernements successifs, la Droite et l’extrême droite rivalisent d’idées nauséabondes pour nous diviser et nous faire croire qu’il faudrait exclure des soins les migrants, en supprimant, ou réduisant toujours plus l’Aide Médicale d’Etat, et dans le même temps, on fait venir des médecins étrangers, les PADHUE, qu’on exploite au maximum dans nos hôpitaux, puis qu’on renvoie avant d’en prendre de nouveaux.

La mortalité infantile en France est de nouveau en augmentation : aujourd’hui elle s'élève à 4,1 décès pour 1.000 naissances. Chaque année, près de 2.800 bébés meurent avant leur premier anniversaire et 70% d'entre eux décèdent à la maternité. Ces chiffres sont sans doute à rapprocher du nombre de maternités : Elles étaient 1.369 en 1975, il en reste 457 en 2024. 900 000 femmes en âge de procréer vivent à plus d’une demi-heure d’une maternité un temps de trajet supérieur à 45 minutes double le taux de mortalité périnatale. Les femmes les plus exposées résident, comme souvent, dans les zones rurales et périphériques.

Les territoires et départements d’outre-mer sont laissés à l’abandon, à Mayotte par exemple, 22% de la population n’a pas accès à l’eau et 77% vit sous le seuil de pauvreté, comment espérer vivre en bonne santé dans ces conditions ?

Aux Antilles, La CHLORDECONE, pesticide, a été utilisé massivement, malgré sa toxicité connue depuis les années 60,  pour la culture des bananes aux Antilles de 1972 jusqu’au 1993 au moins.

Ce poison a engendré une catastrophe sanitaire : cancers, malformations, troubles psychiques…

92% de la population antillaise a de la chlordécone dans le sang. Cette molécule pourrait rester 500 à 700 ans dans les sols, les océans, avant de disparaitre. L’Etat français a bénéficié d’un non-lieu en 2023, 16 ans après le dépôt de plainte.      

En Kanaky Nouvelle-Calédonie, La situation sanitaire était déjà préoccupante avant mai 2024, mais depuis, 1 an il y a eu une centaine de soignants qui sont partis, médecins et infirmier.es. la moitié de ceux ou celles qui sont encore là veulent partir. Dans les hôpitaux et cliniques des centaines de lits ont été fermés. Les maires des communes de la province nord tirent la sonnette d'alarme; après le départ de médecins, la fermeture des urgences de l’hôpital de Koumac, les citoyens se sont organisés; un SMUR populaire a été créé avec des soignants bénévoles et des pompiers.

Tout cela à cause de l'entêtement de Macron à changer les règles du corps électoral en vue d'empêcher la marche vers la libre souveraineté  de ce Territoire en mai 2024, ce qui a mis le feu aux poudres.

En Palestine, non seulement, le massacre de la population palestinienne continue à Gaza et en Cisjordanie mais les personnels de santé sont pris pour cible et les hôpitaux sont détruits, empêchant les soins aux blessés.  Par ex, le  23 mars dernier, l’armée israélienne a tiré sur des ambulances dans la bande de Gaza, tuant 15 personnels de santé et travailleurs humanitaires,  l’ONU évoque un possible « crime de guerre » de l’armée israélienne.

Alors que Macron veut nous préparer à la guerre et que des milliards doivent être trouvés pour la militarisation de la société, nous refusons que la priorité soit donnée à l’armement, au détriment des besoins de la santé.

Nous sommes toutes et tous concerné.es par la santé et nous voulons des budgets à la hauteur des besoins pour l’ensemble de la population. 

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COPERMO Kezako

COPERMO Kezako

Il n'est, bien sûr, plus nécessaire d'expliquer ce qu'est COPERMO aux personnels de santé qui en subissent les conséquences au quotidien.
Par contre de nombreux usagers et patients se demandent encore ce qui se cache derrière ce sigle.
Cette publication, sans prétention, s'adresse à eux pour les aider à y voir un peu plus clair.

COPERMO est le COmité interministériel de la PERformance et de la MOdernisation de l’offre de soins hospitaliers mis en place par la circulaire interministérielle du 5 juin 2013.
Ce comité a pour objectifs prioritaires "la validation des projets d’investissement, la coordination des programmes nationaux d’amélioration de la performance et les modalités de retour à l’équilibre financier des établissements les plus en difficultés".

Il appartient donc à ce Comité d'élaborer "un plan d'actions fixant des objectifs précis et évaluables et garantissant l'atteinte du niveau de marge brute d'exploitation nécessaire à la soutenabilité de la charge de la dette et des investissements courants".

C'est donc bien une logique purement comptable qui va s'imposer dans le financement de l'Hôpital Public (voir ceci pour un décodage plus détaillé de la circulaire).

En pratique, il a été demandé à chaque région de présenter au comité un plan "visant" à diminuer les dépenses hospitalières.

Sur Tours, cela s'est traduit par un projet d’investissement immobilier « Horizon 2026 » du CHRU de Tours, qui vise à regrouper l’ensemble des activités de soins sur deux sites, Bretonneau et Trousseau. Ce projet a reçu l'approbation du Comité, mis en place par Marisol Touraine, le jeudi 20 avril 2017.

Sur l’ensemble du CHRU, sous prétexte de construction d’un nouvel hôpital Trousseau et de passage à l’ambulatoire (avec des conséquences désastreuses détaillées dans notre tract publié le 26 septembre), ce projet prévoit :
  • La fermeture de 370 lits d’hospitalisations en médecine, en chirurgie, en obstétrique, en psychiatrie, à Clocheville, à l’Ermitage.
  • La disparition des sites de Clocheville (voir notre tract publié le 25 septembre), de la Clinique Psychiatrique Universitaire et de l’Ermitage.
  • La suppression de 400 postes pour les personnels soignants.
  • Des suppressions de postes pour les agents administratifs, logistiques, techniques et hôteliers (projet de cuisine centrale Tours Plus). Les agents contractuels subissent déjà les conséquences de ces suppressions, puisque massivement, dans les réaffectations provoquées par les restructurations, il est mis fin à leur contrat.
  • Le chronométrage de chaque acte pour le rentabiliser (la fameuse T2A)!
Les personnels hospitaliers et les syndicats se sont déjà mobilisés à de nombreuses reprises (par exemple les 20 avril et 23 mai derniers, mais également dans toutes les manifestations de la rentrée et à l'occasion d'une grève le 19 septembre dernier), pour alerter des dangers de cette situation sur le bon fonctionnement de l'hôpital.

Si vous m'avez lu jusqu'ici, c'est peut-être que vous êtes, comme moi, un usager ou patient, inquiet de la situation. Dans ce cas, venez rejoindre le Collectif Santé 37 et/ou manifestez votre soutien aux personnels de santé en répondant au prochain appel à rassemblement des syndicats le lundi 20 novembre prochain.