SANTÉ MENTALE : un plan com de plus

Alors qu’un grand plan de santé a été annoncé par le gouvernement le 11 juin dernier, notre Collectif 37 « Notre Santé en Danger » souhaite alerter sur la situation de la psychiatrie en Indre et Loire.

Alors qu’un grand plan de santé a été annoncé par le gouvernement le 11 juin dernier, notre Collectif 37 « Notre Santé en Danger » souhaite alerter sur la situation de la psychiatrie en Indre et Loire.

Nous voulons de réels moyens pour la psychiatrie et non des mesures gadgets sans moyens. Rappelons que le CHRU de Tours dans le cadre de sa restructuration a prévu de regrouper les psychiatries sur un seul site en supprimant 84 lits. Nous avons déjà eu un avant-goût des conséquences avec l’inclusion d’un service de géronto- psychiatrie au sein de l’unité de psychiatrie D à Bretonneau. Le personnel en grève depuis le 2 juin s’était rassemblé le 5 juin pour protester contre cette désorganisation et destruction de leur environnement de travail. Pas de bureau pour les géronto psychiatres, pas de moyens matériels et le remplacement d’une infirmière par une aide-soignante. Cette désorganisation ne peut pas permettre une bonne prise en charge ni des patients adultes de cette unité, sachant qu’il manque des places en psychiatrie adulte, ni des nouveaux patients qui ont des besoins spécifiques liés à leur âge.

Concernant les enfants, la situation est encore plus catastrophique du fait du manque de pédopsychiatres. : Il faut attendre 2 ans pour une prise en charge par le CMP pour enfants, et Clocheville ne peut plus assurer les urgences pédopsychiatriques. Alors que de plus en plus d’enfants et d’adolescents souffrent de troubles psychiques, cette situation plonge les familles dans une grande détresse, car c’est sur elles, et souvent sur les mères, que repose la prise en charge, alors même que ces parents sont souvent totalement dépassés par la situation. Dans les écoles, les professionnel.les (AEVS, professeurs …) qui doivent accueillir des enfants parfois très violents, (pour eux-mêmes ou pour les autres), dans la cadre de la politique d’inclusion, se retrouvent démunies et les réponses de la hiérarchie sont totalement inadaptées, témoignant de leur totale méconnaissance des pathologies psychiques des enfants. C’est finalement tout le monde qui est maltraité : enfants, parents, professionnels. Il n’y a pas de réponse pour un enfant qui fait une tentative de suicide. Le repérage ne donne pas de solutions s’il n’y a rien derrière pour la prise en charge.

C’est pourquoi les annonces faites par le ministère de la santé sur la santé mentale sont très loin d’être à la hauteur de la situation déplorable dans laquelle se trouvent familles et professionnels, et nous partageons totalement les termes du communiqué de la Coordination Nationale.

Nous demandons de véritables moyens pour la psychiatrie et non des mesures qui ne visent qu’à reporter sur des non-professionnels et en fin de compte sur les parents ou l’entourage, la prise en charge des troubles psychiques ou psychiatriques.

voir également le communiqué de la COORDINATION NATIONALE
des Comités de Défense des Hôpitaux ot Maternités do Proximité

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COPERMO Kezako

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Il n'est, bien sûr, plus nécessaire d'expliquer ce qu'est COPERMO aux personnels de santé qui en subissent les conséquences au quotidien.
Par contre de nombreux usagers et patients se demandent encore ce qui se cache derrière ce sigle.
Cette publication, sans prétention, s'adresse à eux pour les aider à y voir un peu plus clair.

COPERMO est le COmité interministériel de la PERformance et de la MOdernisation de l’offre de soins hospitaliers mis en place par la circulaire interministérielle du 5 juin 2013.
Ce comité a pour objectifs prioritaires "la validation des projets d’investissement, la coordination des programmes nationaux d’amélioration de la performance et les modalités de retour à l’équilibre financier des établissements les plus en difficultés".

Il appartient donc à ce Comité d'élaborer "un plan d'actions fixant des objectifs précis et évaluables et garantissant l'atteinte du niveau de marge brute d'exploitation nécessaire à la soutenabilité de la charge de la dette et des investissements courants".

C'est donc bien une logique purement comptable qui va s'imposer dans le financement de l'Hôpital Public (voir ceci pour un décodage plus détaillé de la circulaire).

En pratique, il a été demandé à chaque région de présenter au comité un plan "visant" à diminuer les dépenses hospitalières.

Sur Tours, cela s'est traduit par un projet d’investissement immobilier « Horizon 2026 » du CHRU de Tours, qui vise à regrouper l’ensemble des activités de soins sur deux sites, Bretonneau et Trousseau. Ce projet a reçu l'approbation du Comité, mis en place par Marisol Touraine, le jeudi 20 avril 2017.

Sur l’ensemble du CHRU, sous prétexte de construction d’un nouvel hôpital Trousseau et de passage à l’ambulatoire (avec des conséquences désastreuses détaillées dans notre tract publié le 26 septembre), ce projet prévoit :
  • La fermeture de 370 lits d’hospitalisations en médecine, en chirurgie, en obstétrique, en psychiatrie, à Clocheville, à l’Ermitage.
  • La disparition des sites de Clocheville (voir notre tract publié le 25 septembre), de la Clinique Psychiatrique Universitaire et de l’Ermitage.
  • La suppression de 400 postes pour les personnels soignants.
  • Des suppressions de postes pour les agents administratifs, logistiques, techniques et hôteliers (projet de cuisine centrale Tours Plus). Les agents contractuels subissent déjà les conséquences de ces suppressions, puisque massivement, dans les réaffectations provoquées par les restructurations, il est mis fin à leur contrat.
  • Le chronométrage de chaque acte pour le rentabiliser (la fameuse T2A)!
Les personnels hospitaliers et les syndicats se sont déjà mobilisés à de nombreuses reprises (par exemple les 20 avril et 23 mai derniers, mais également dans toutes les manifestations de la rentrée et à l'occasion d'une grève le 19 septembre dernier), pour alerter des dangers de cette situation sur le bon fonctionnement de l'hôpital.

Si vous m'avez lu jusqu'ici, c'est peut-être que vous êtes, comme moi, un usager ou patient, inquiet de la situation. Dans ce cas, venez rejoindre le Collectif Santé 37 et/ou manifestez votre soutien aux personnels de santé en répondant au prochain appel à rassemblement des syndicats le lundi 20 novembre prochain.