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Affichage des articles associés au libellé Sécurité Sociale

Grande mobilisation du social et du médicosocial à Tours le 1er avril

Les salarié.es du secteur social et médicosocial ont été plus de 600 à répondre à l’appel de l’intersyndicale SUD, CGT, FO, et CFDT ce mardi 1er avril 2025. Ce secteur commence à appliquer la nouvelle méthode de tarification « SERAFIN PH »(Réforme pour une Adéquation des Financements aux parcours des Personnes Handicapées), qui est en fait une transposition de la tarification à l’activité (T2A) qui a sévi dans les hôpitaux publics, vers le secteur médico-social.

Rassemblement du 18 décembre 23 à Tours contre la loi Darmanin

Le collectif 37 Notre santé en danger avait appelé avec d'autres organisations au rassemblement lundi 18 déc 18h  à Tours contre le projet de loi immigration

Cet appel international avait été relayé nationalement et localement

Pour le collectif santé,  nous n'acceptons pas que l'Aide Médicale d'Etat, que le droit de se soigner pour tous avec ou sans papiers soit remis en cause et fasse l'objet de tractations avec la droite et l'extrême droite.

Dans ce rassemblement les organisations associatives comme notre collectif, syndicales comme solidaires et politiques appelaient à dire non à ces mesures qui visent à pourrir encore plus les conditions de vie et d'accueil des étrangers; des interventions ont été faites du collectif des organisateurs qui ont dénoncé l'ensemble des mesures. Le syndicat d’étudiants solidaires a dénoncé pour sa part les droits d'inscriptions déjà  multipliés par 16 pour les étudiants étrangers, et pour lesquels il est prévu de retenir une caution pour le cas où ils ne retourneraient pas dans leur pays à l'issue des études.
Utopia 56 a posé le problème d'une vingtaine de mineurs non accompagnés sans logement hébergés dans un pavillon sans eau ni électricité. Le Collectif 37 Notre santé en danger a lu un texte sur les atteintes aux soins que représenterait cette loi. voir le texte ci-joint
Le rassemblement s'est terminé en chanson avec la chorale de la P'tite Rouge de Touraine.
Collectif 37 Notre santé en danger
collectifsante37@gmail.com

Tour de France pour la Santé à Chinon le 2 novembre 2023

Ce jeudi 2 novembre, le collectif « Sauvons l’hôpital de Chinon » soutenu par l’intersyndicale hospitalière, a pris part au Tour de France pour la Santé avec un barnum installé sur le marché le matin.

La pétition sur le PLFSS y a été signée par plus de 80 personnes.

L’après-midi, ce collectif avait organisé une déambulation dans les rues piétonnes et commerçantes de la vieille ville jusqu’à la mairie, où des professionnelles ont pris la parole : une infirmière de médecine a parlé de « l’enfer » vécu avec le manque de personnel, une autre de la dégradation de la prise en charge en psychiatrie, et 2 familles de résident.es à l’EHPAD ont témoigné en souhaitant aux personnes présentes « de ne pas vieillir trop longtemps, pour ne pas avoir à vivre ça… ». Elles ont expliqué que pour limiter le travail, des repas étaient maintenant servis dans des assiettes en cartons !

Le collectif 37 Notre Santé en Danger est venu apporter son soutien.

À la fin de cette manifestation, le représentant syndical FO a appelé les participants à continuer la mobilisation en se joignant à la prochaine action qui s’organise à Tours le 16 novembre. ce collectif 37 Notre Santé en Dange

Annonce de la fermeture du service des urgences du CHC de Chinon les 18,19 et 20 août.

par le collectif Sauvons l’Hôpital de Chinon

Nous apprenons par voie de presse le 18 août 2023 (La Nouvelle République) que la direction du Centre Hospitalier du Chinonais a décidé de fermer temporairement le service des urgences les nuits de vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 août, de 16 h à 7 h du matin. En raison d’« un contexte d’absentéisme du personnel paramédical »

Projet de loi asile et immigration

Communiqué de la Coordination Nationale

le 18 avril 2023

PROJET DE LOI « ASILE ET IMMIGRATION » :

UN RECUL INADMISSIBLE POUR LES PERSONNES ÉTRANGÈRES

GRAVEMENT MALADES

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité dénonce avec force le nouveau projet de loi sur l’asile et l’immigration intitulé « projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » en cours de préparation au Parlement.

Cette loi s’inscrit dans la lignée de toutes celles mises en œuvre depuis 40 ans, visant à stigmatiser et réprimer toujours plus durement les personnes exilées.

La commission des lois du Sénat a ainsi voté la restriction du droit au séjour et au regroupement familial. Elle a aussi voté le durcissement des critères de protection contre les expulsions pour raisons médicales, ainsi que de la protection des personnes étrangères malades qui saisissent le tribunal administratif suite à une décision défavorable de la préfecture. La suppression du critère dit « de bénéfice effectif des soins » empêchera les personnes étrangères d’accéder aux prises en charge médicales rendues urgentes et vitales, en raison du coût des traitements ou de l’éloignement des structures de soins.

L’Aide médicale d’État est supprimée, remplacée par une « aide médicale d’urgence » dont nous mesurons bien le caractère inique.

Ces dispositions sont en violation des droits humains et de la charte de la Cour Européenne des droits de l’homme. L’expulsion, le bannissement et le refus de soins dans toutes ses dimensions font le déshonneur de notre pays et du gouvernement.

A une époque où la pandémie a démontré la nécessité de penser la santé comme un bien de l’humanité à défendre ensemble, ces reculs ne sont pas des réponses de santé, mais des outils de ségrégation pour entretenir et flatter les peurs de l’autre.

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité dénonce ces propositions qui visent en réalité à réduire drastiquement l’accès aux soins urgents et essentiels et d’exposer les femmes, les hommes et les enfants les plus fragiles aux risques de santé. Elle appelle à rejeter ce projet de loi répressif et à soutenir une politique migratoire fondée sur l’accueil et la solidarité, le respect des droits et de la dignité des personnes.

COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

(Fondée à Saint Affrique en avril 2004)

Siège social : 1 rue Jean Moulin 70200 LURE

Adresse postale : Chez JL Landas - 26 rue Gambetta - Avenue Mich - 44000 Nantes

SIREN : 503 711 988 - SIRET : 503 711 988 00025

Association agréée - Arrêté du 06/06/2018 - N2017RN0146

Site : http://coordination-defense-sante.org/ Facebook https://www.facebook.com/Coordinationdefensesante

Contact :cda12550@coordination-defense-sante.org

Présidente : Michèle LEFLON michele.leflon@orange.fr

Adresse : 34 Rue de la Porte de Bourgogne - 08000 Charleville-Mézières - Tél 06 08 93 84 93

Secrétaire : Rosine LEVERRIER boudchoum@wanadoo.fr

Adresse : 5 Rue Barbey d'Aurévilly - 14500 VIRE - Tél 02 31 67 07 54 - 06 41 29 08 02

Trésorier : Jean-Luc LANDAS jeanluc.landas@sfr.fr

Adresse : 26 rue Gambetta - Avenue Mich - 44000 Nantes - Tél : 07 50 45 06 87

Mobilisation santé et action sociale du 22 septembre 2022

C’est environ 350 à 400 personnes qui se sont retrouvées dans la rue ce jeudi 22 pour défendre la santé, à l’appel de 3 Organisations Syndicales (CGT, SUD et FO) et du Collectif 37 Notre Santé En Danger. Les étudiant.es orthophonistes étaient particulièrement bien représentés, pour la reconnaissance de leur métier à BAC+5 et de meilleurs salaires. Les hospitaliers ont dénoncé les propos de F. Braun, ministre de la santé, qui a osé dire que l’été s’était bien passé, alors que le nombre de mort a été supérieur de 13% à celui de 2019, que de nombreux services d’urgences ont été fermés, et que le tri des patients a entrainé des pertes de chances qui ne sont pas comptabilisées, mais qui sont bien attesté par les usagers. Le collectif santé a dénoncé le tri des patient.es et en particulier avec témoignages à l'appui, le fait que les personnes atteintes d’AVC ne bénéficient pas des soins adéquats dès lors qu’elles sont trop « âgées »

Les soignants de psychiatrie dénonçaient toujours le manque de moyens humains qui ne permettent plus de faire un bon accompagnement, tandis que dans les blocs opératoires, le manque de personnel entraine du retard dans les opérations et une aggravation de l’état de santé des patients.

Des établissements du médicosocial (ADAPEI, BOISNIERE) étaient également venus défendre les 183€ du Ségur pour tous les oubliés

Aucune amélioration donc de la situation dans la Santé, et tous-tes les présent.es ont appelé à se retrouver le 28 pour défendre l’avortement et le 29 pour les salaires et les pensions

Collectif 37 Notre santé en danger
collectifsante37@gmail.com

Non au démantèlement du Centre Municipal de Santé de Saint Pierre des Corps

Au CMS, le service de médecine du sport avait été fermé en septembre, et maintenant c’est le poste de diététicienne qui est supprimé. Or elle avait un rôle essentiel dans la prévention au niveau de la ville. Bien sûr, celui-ci n’est pas marchandisable mais c’était un travail essentiel pour la santé et le bien-être de la population qui devrait même être développé.

Santé : chronologie d’une catastrophe annoncée

1996

Ordonnance portant réforme de l'hospitalisation publique et privée

Elle vise la régulation du financement et de l'activité des établissements hospitaliers par la mise en place de l’ONDAM (Objectif national d’Assurance Maladie ), voté chaque année au Parlement .

Elle crée les Agences Régionales de l'Hospitalisation (ARH) qui associent l’État et l'assurance maladie

Objectifsaffichés : réduire les inégalités sur le territoire

Moyens : responsabilisation, contractualisation, coordination

Contrôle : évaluation, accréditation

Rappels

Dès 1979 une loi a instauré la possibilité de fermeture de lits par autorité du Ministère de la Santé.

En 1983 instauration du budget global avec le forfait journalier non remboursé par la Sécu.

2002

Loi Kouchner relative aux droits des malades, à la qualité du système hospitalier

Objectif affiché : Démocratie Sanitaire...

Elle transforme les droits des malades en droits des patients, engageants ces derniers à se constituer en association pour mieux « gérer les intérêts des consommateurs de soins »

Dans le cadre d’enveloppes de plus en plus restreintes la parole est donnée au « patient » qui devient un « consommateur ».

À noter que les embauches très insuffisantes lors du passage aux 35 h en 2000 ont intensifié et désorganisé le travail des soignant-es.

2003 – 2007 Plan Hôpital 2007

L'ordonnance du 4/9/2003 vise à simplifier l'organisation et le fonctionnement du système de santé.

  • Suppression de la carte sanitaire nationale créée en 1970 : ce sont les ARH qui élaborent un schéma d'organisation de l'hospitalisation et des territoires de santé visant à relancer la coopération inter-hospitalière.
  • Nouveau mode de financement des hôpitaux : Création de la Tarification A l’Activité, T2 A.
  • Autorisation de l'ouverture du marché des grands hôpitaux au partenariat public-privé

En 2004, la loi de santé publique met en place le Groupement Régional de Santé Public.

La loi Douste-Blazy relative à l’assurance maladie règle le parcours de soins des patients : médecin traitant référent et Dossier Médical Personnel et crée la Haute Autorité de Santé qui encadre les diagnostics et prescriptions des médecins.

Chaque établissement public ou privé est financé en fonction de sa production d’actes de soins et de sa rentabilité.C’est un système d’incitation à la sélection des malades et des pathologies soignées. Mis en concurrence avec le privé, de nombreux hôpitaux publics seront en déficit à cause de laT2A !

2009 Loi Bachelot

Hôpital Patient Santé Territoires.

Elle concerne le sanitaire et le médico-social.

 Objectif affiché : « Offre de soins graduée, de qualité, accessible à tous, satisfaisant l'ensemble des besoins ».

  • Elle réforme le fonctionnement des établissements publics de santé (augmente l'importance du rôle du Directeur, remplace le Conseil Exécutif par un Directoire et le Conseil d’A administration par un Conseil de Surveillance.
  • Elle supprime le « Service Public Hospitalier » et le remplace par 14 missions de « service public hospitalier » pouvant être exercées par le privé.
  • Elle met en place les Communautés Hospitalières de Territoires (CHT)
  • Elle crée les Agences Régionales de Santé (ARS) qui remplacent les ARH et élargissent leur champ de compétences.

Le directeur, aux ordres de l’ARS, devient un gestionnaire avec des objectifs de résultats financiers. La priorité est donnée à la rentabilité à tout prix au détriment de la santé du personnel et des patient-es.

2016 Loi Touraine

« Loi de modernisation de notre système de santé » 

  • Elle réemploie le terme de Service Public Hospitalier (qui avait été supprimé par la loi HPST 2009) ,
  • Elle renforce la coopération entre hôpitaux publics par la création des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) : dans un GHT, les hôpitaux doivent élaborer un projet médical commun, partager des missions ou des fonctions support (ex : achats hospitaliers),
  • Elle crée les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) regroupement le plus souvent constitué de libéraux médicaux et paramédicaux sur un territoire donné,
  • Elle met en place un schéma régional de santé unique.

Les regroupements obligés d’établissements amènent les fermetures de services et d’hôpitaux : moins de lits, moins de soignant-es, moins de soins.

Les objectifs annoncés : 860 millions d’€ de maîtrise de la masse salariale équivalant à la suppression de 22 000 postes d’ici à 2017.

2019 Loi Buzyn

« Ma santé 2022 »

Cette loi affirme la nécessité d'organiser les soins de façon décloisonnée, à l'échelle d'un territoire:

  • Elle encourage l’organisation de CPTS
  • Elle renforce les groupements hospitaliers au sein des GHT,
  • Elle propose une organisation des établissements selon 3 échelons : Les CHU, les établissements de soins spécialisés, les hôpitaux de proximité.
  • Pour libérer du temps médical, elle crée la fonction d'assistant-e médical-e, favorise la délégation de tâches, élargit les missions des infirmiers-e et des pharmacien-nes.
  • Elle encourage la e-médecine (télé-consultation, espace numérique de santé personnel).
  • Elle supprime le numerus clausus.

C’est la gestion de la misère par obligation de regroupements et le développement de la e-médecine pour tenter de pallier au manque de personnel de santé.

2020

Ségur de la santé

Après la phase la plus aiguë de la crise COVID et sous la pression de la mobilisation des soignant-es, des miettes ont commencé à être distribuées :

  • Une augmentation des rémunérations de 183 € à certaines catégories de personnels, ne
    rattrapant même pas la moyenne européenne,
  • exclusion de ces 183 € de nombreux-ses salarié-es ayant elles et eux aussi fait face à la pandémie.
  • Accélération de la casse des statuts et conventions collectives, généralisation des 12H, fin des 35H, plus de flexibilité.

Le compte n’y est évidemment pas. Le personnel se bat depuis des année pour une vraie reconnaissance de ces métiers très féminisés avec revalorisation des salaires d’au moins 300€ et la création de 100 000 postes indispensables à une bonne qualité de soins.

2021

La catastrophe est bien là !

  • Fermeture de 103.000 lits d’hôpitaux entre 1993 et 2018
  • Baisse de 10 % sur 10 ans du budget de l’hôpital soit 8,4 milliards
  • Suppression de 100000 postes en 8 ans Source DRESS 2019
  • Durée moyenne de séjour divisée par 3 en 40 ans
  • Objectif d’occupation des lits à 95 % en médecine et chirurgie

Aucune marge de manœuvre ! On comprend mieux la catastrophe qui s’est abattue sur l’hôpital et les soignant-es avec l’épidémie du COVID.

Et demain, allons nous les laisser

poursuivre sur la même lancée ?

Rassemblement du 5 janvier à Tours

Ce mardi 5 janvier 2021, Macron venait à Tours pour promouvoir sa réforme des allocations familiales concernant le recouvrement des impayés des pensions alimentaires.

Cette volonté de défendre les familles monoparentales pourrait être applaudie si elle ne s'accompagnait pas de tout un ensemble de mesures qui précarisent une bonne partie de la  population, depuis qu'il est au pouvoir. C'est ce qu'a dénoncé la représentante de la CGT CPAM au rassemblement du 5 janvier place Jean Jaurès.

Le collectif 37 Notre santé en danger, les gilets jaunes, le syndicat Solidaire, avaient appelé à ce rassemblement malgré le peu de temps pour organiser la mobilisation.

A cette occasion, les secteurs de la santé, du médico social et de l'aide à domicile se sont invités pour manifester leurs revendications notamment pour les 183 € de revalorisation des exclus du Ségur. Plus d'une centaine de militants étaient présents.

Les grévistes, depuis le 21 décembre, de l'ADMR 41, Aide à Domicile en Milieu Rural,  avaient fait le déplacement. Elles  ont été applaudies pour leur courage et leur détermination. Une caisse de solidarité a circulé. Il est encore possible de les soutenir.

Il est possible d'envoyer un soutien à l'UD CGT 41 35-37 avenue de l'Europe 41 000 Blois en indiquant à l'intention du syndicat ADMR pour les grévistes.

Elles revendiquent une revalorisation substantielle de leur salaire et de leurs indemnités kilométriques honteusement sous payées. À travers elles c'est tout le secteur des invisibles de 1ère ligne qui redressent la tête.

Elles ont pu être reçues par une représentante de l’équipe de Macron qui devait transmettre leurs revendications à la ministre déléguée à l'autonomie, Mme Bourguignon.

15 octobre à Tours le rassemblement de la santé s'est transformé en manif

500 participants à la manif de la santé du 15 octobre 2020 à l'appel de CGT, SUD et Collectif 37 Notre santé en danger sachant qu'une partie était allée à la manif parisienne.

Les personnels du social et du médico social, des services à domiciles qui étaient exclus des revalorisations salariales de 183 € du Ségur avaient tenu à manifester.

Pour le droit à l'avortement en France et partout dans le monde rassemblement le lundi 28 septembre à 18h place Jean Jaurès à Tours

L'IVG, en France le compte n'y est pas

5000 femmes partent à l'étranger chaque année pour avorter parce qu'elles ont dépassé les délais légaux. En effet, en France, une femme a seulement 12 semaines pour avorter.

Faire respecter notre droit à l’IVG est rendu chaque année plus difficile du fait de la fermeture de nombreux centres d’Ivg (civg) : les restructurations hospitalières et la fermeture des maternités de proximité ont un impact direct sur l’accès à l’ivg.

Il est également encore aujourd’hui difficile de trouver des professionnel.les pour pratiquer l’ivg. car elle est encore considérée comme un acte médical à part. En effet, au delà de la clause de conscience générale s'appliquant aux médecins pour tout acte médical (qui leur permet de refuser telle ou telle pratique), l'IVG est concernée par une clause de conscience spécifique. Certain.es professionnel.es qui ne pratiquent pas d'IVG refusent d’orienter les patientes, alors que la loi les y oblige..

Et on interdit aux sages femmes de pratiquer des IVG instrumentales (non médicamenteuses)

Par ailleurs, les jeunes n’ont pas toujours accès aux informations qui leur permettraient de faire valoir leurs droits. La loi Aubry du 4 juillet de 2001 prévoit 3 heures d'information sexuelle obligatoire, chaque année et par an pour chaque niveau de scolarité mais elle n’est pas appliquée, il est temps que ça change, la situation doit évoluer.

Nous voulons que les délais légaux pour avorter soient harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe,

Nous voulons la suppression de la double clause de conscience sur l’IVG pour les professionnel.le.s de santé

Nous voulons que les femmes puissent décider de la méthode employée pour leur IVG.

Nous voulons que les sages-femmes puissent pratiquer des IVG instrumentales Nous voulons la réouverture des civg fermés.

Nous voulons des moyens financiers pour les CIVG et les centres de planification pour qu'ils soient accessibles à toutes sur l’ensemble du territoire..

Nous voulons que l'éducation à la sexualité de 3h par an dans tous les établissements scolaires, prévue dans la loi de du 4 juillet 2001 soit effective.

Une proposition de loi a été déposée à l'Assemblée nationale de façon transpartisane pour augmenter de deux semaines les délais et supprimer la double clause de conscience. Nous soutenons cette proposition de loi qui sera débattue le 8 octobre.

Dans certains pays tels les États Unis, le droit à l'avortement est attaqué au moyen de lois terriblement restrictives. Dans d’autres, les femmes ne peuvent pas encore bénéficier de ce droit et se battent pour faire changer la législation.

Nous sommes solidaires de toutes les femmes qui dans tous les pays se battent pour conserver ou conquérir le droit à l’avortement. Leur combat est le nôtre !

Nous le dirons dans la rue le 26 septembre.

Santé : Changement de ministre mais pas de changement de cap

Les vicissitudes du candidat LREM Benjamin GRIVEAUX ont amené le président MACRON à jouer les DRH et à envoyer bon gré, mal gré, A BUZIN à la conquête de la mairie de Paris.

Son remplaçant Olivier VERAN, s’est dit « prêt depuis longtemps ». Il  s’est déjà illustré dans la mise en œuvre de la politique de casse de l’hôpital public.

Manifestation du 14 novembre pour la défense de l'Hôpital public et notre Système de santé

Les manifestations de la santé se suivent mais ne se ressemblent pas ; après les rassemblement conjoints avec les pompiers sur les revendications des moyens pour les urgences, ce sont les étudiant-es en médecine et les étudiant-es orthophonistes qui ont renforcé la mobilisation des hospitalier-ères et des EHPAD. Ils ont apporté aussi une joyeuse animation avec une fanfare entraînante.

La manifestation de plus de 500 personnes comprenait aussi un nombre non négligeable d’usager-ères qui se sentent concerné-es pour défendre leur santé. Un arrêt s’est fait devant l’ARS. La manifestation a demandé à la direction de l’ARS de descendre écouter les revendications.

Les témoignages se sont succédé, du personnel soignant, des orthophonistes, des syndicats ( CGT, CFDT, FO, SUD), le collectif inter urgences et le collectif 37 Notre Santé en Danger et des usagers. A noter que la FSU a interrompu son assemblée générale pour venir participer à la manifestation.

Une militante du collectif santé a donné son expérience de l’hôpital en saluant le dévouement du personnel malgré les conditions de travail dont elle a constaté qu’elles se dégradaient au fil des années ; elle a dénoncé aussi les conséquences de l ‘ambulatoire qui augmente l’angoisse des patients et reporte sur les familles la surveillance des malades.

Un dying spectaculaire a matérialisé les conséquences de la dégradation des conditions de travail et de soins « qui nous tuent ».

La manifestation s’est terminée par un goûter sur la place Jean-Jaurès pour continuer à échanger avec la population. 

Les bébés doivent-ils être rentables ?

Le rapport de la cour régionale des comptes Centre Val de Loire rendu public récemment sur l’Hôpital de Chinon nous laisse pantois.

Les termes utilisés n’ont rien à voir avec les besoins en santé. Il est question de parts de marché, de rentabilité… L’hôpital aurait trop embauché et la maternité ne serait pas rentable avec seulement 560 naissances par an, il en faudrait 1100 à 1200.

Pourtant, la politique de santé vis-à-vis des hôpitaux peut-être clairement interrogée quand il est reconnu dans ce rapport qu’avec la T2A (1) l’hôpital s’est mis en déficit, que, avec la convention entre la clinique privée Jeanne d’Arc (2) et l’hôpital, les flux financiers se font au bénéfice de la clinique. On apprend également que des médecins, profitant de la pénurie ont négocié très cher leur salaire mettant un peu plus en difficulté l’établissement! Tout ceci sans compter les restrictions budgétaires votées avec le Projet de loi de financement de la sécurité sociale avec une enveloppe toujours plus restreinte pour les hôpitaux.

« La chambre observe que la maternité du CHC n’apparaît pas comme une activité soutenable en l’état. Si différentes solutions sont envisagées, elle considère qu’une décision doit être prise pour ne pas obérer la situation financière de l’établissement dans un avenir proche. De même, l’hôpital doit concevoir une offre de soins de proximité, conforme à la perspective de vieillissement de son bassin de recrutement. Ainsi, il pourrait utilement envisager d’explorer, en lien avec l’ARS et le CHRU de Tours, la possibilité d’un double repositionnement de son activité vers une prise en charge élargie de gériatrie et de SSR (3) , articulée avec une évolution de sa maternité vers un centre de périnatalité avancé du CHRU. »

Ces préconisations du rapport rentrent bien dans le cadre du plan « Ma santé 2022 » qui prévoit de transformer les hôpitaux périphériques en hôpitaux de « proximité » avec les mêmes caractéristiques que ce que propose la cour des comptes. Pour cette raison, les dénégations de l’ARS ne nous rassurent pas car les menaces de fermeture commencent souvent par un rapport défavorable de la Cour des Comptes, comme ce fut le cas à Vierzon. Il a fallu toute la mobilisation du personnel, de la population et des élus pour faire reculer ce projet. A Creil, la maternité niveau 3, pas assez rentable, a fermé avec 1700 accouchements par an !

La maternité de Chinon, une des 35 en France à être reconnue comme labellisée « Amie des bébés » attire également des parturientes de Tours recherchant une maternité à taille humaine.

Le collectif 37 Notre santé en danger appelle les usager-ères à s’organiser pour défendre leur hôpital et leur maternité et à participer aux mobilisations dans la santé, notamment le 14 novembre prochain, journée nationale de défense de la santé aux côtés des professionnel-les de santé.

Notre Collectif appartient à la Coordination des Hôpitaux et maternités de proximité qui a tenu ses rencontres nationales du 17 au 19 octobre et qui fait état de situations similaires et s’attache à coordonner ces luttes.


Pour nous joindre

par Courriel : collectifsante37@gmail.com

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sur Facebook https://www.facebook.com/collectifsante37/

sur Twitter: https://twitter.com/ColSante37


  1. T2A : Tarification à l’activité
  2. Dès 1998, un protocole a été établi entre le CHC, la clinique Jeanne d’Arc. La répartition initiale prévoyait que le l’Hôpital assurerait les activités de gynécologie-obstétrique, de médecine, de soins de suite et rééducation, de psychiatrie et d’urgences et la clinique assurerait les activités de chirurgie (plateau technique) y compris de chirurgie gynécologique
  3. SSR : Services de Soins de Suite et Réadaptation

Nous voulons des moyens pour la santé et un accès aux soins pour tous et toutes

Le collectif 37 Notre Santé en danger demande des moyens pour la santé et un accès aux soins pour tous et toutes.

Le 6 juillet, Edouard Philippe a annoncé des mesures qui rendent plus difficile l'accès aux soins pour les étrangers : une période de carence de trois mois sera appliquée pour les demandeurs d’asile, alors qu'ils peuvent aujourd’hui accéder à la Sécurité sociale de base (PUMa) dès le dépôt de leur demande et des restrictions pour bénéficier de l'AME sont mises en place,comme l'accord préalable de la Sécurité Sociale pour les soins non urgents. Cette Aide Médicale d'Etat est  initialement destinée à permettre l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière, sous conditions de résidence et de ressources. Les étrangers sans-papiers ainsi que les personnes déboutées de leur demande d’asile ne pourront prochainement bénéficier d’un maintien de leur protection maladie que pendant six mois au lieu de douze auparavant.

Ces délais de prise en charge peuvent être graves aussi bien pour la personne que pour la santé publique, des maladies comme la tuberculose demandent à être soignées le plus tôt possible.

Derrière ces attaques contre les plus vulnérables, le gouvernement veut faire croire que ce sont ces prises en charge qui sont responsables du "déficit de la sécurité sociale" et non l'asséchement des ressources dues aux exonérations de cotisations patronales ou les dépenses faramineuses de médicaments qui augmentent les profits des industries pharmaceutiques.

Il remet en cause  le principe de l'accès aux soins pour tous et toutes, qui représente déjà une difficulté pour des raisons financières ou de désertification médicale et il fait le lit de l'extrême droite en opposant une partie de la population contre l'autre.

Avec les fermetures de lits, de services et même d’hôpitaux et l'insuffisance de moyens matériels et humains, c'est une grande partie de la population qui éprouve des difficultés pour accéder aux soins.

Le collectif santé réaffirme sa volonté de défendre un accès aux soins pour toutes et tous avec ou sans papiers et appelle à  participer à la manifestation pour la santé le 14 novembre à 15h place Jean Jaurès aux côtés des professionnel-les de santé. Les usagers et les usagères doivent prendre leur droit à la santé en mains!

Arrachons l'hôpital public des mains de l'infamie ! Le 14 novembre : tous en grève !

COMMUNIQUE DE L’USP du 31 octobre 2019
 
 

Nous vivons aujourd'hui la conséquence des politiques de santé des dernières décennies et aggravées par le gouvernement actuel. C'est au nom de la « maîtrise comptable des dépenses » que sont menées ces politiques insensées.

La psychiatrie est particulièrement délabrée. Sous-dotée depuis plus de 15 ans, elle est abandonnée par les pouvoirs publics. Les hôpitaux psychiatriques se vident de leurs psychiatres, les unités ferment. Face à cette situation, depuis des mois, dans toute la France, des collectifs soignants font grève pour dire leur impossibilité à continuer à travailler dans ces conditions.

C'est tout notre système de santé qui est à bout de souffle, et l’hôpital particulièrement. Les professionnels, médicaux et paramédicaux, sont usés, épuisés.

Et devant ce constat partagé, que fait ce gouvernement ? Il propose encore une baisse de l’enveloppe attribuée à l’hôpital public en proposant un ONDAM à 2,1 %, alors même que les charges de l’hôpital augmentent de 4 % annuellement ! Que veulent donc Madame Buzyn et ses amis ? C'est « un virage massif vers l’ambulatoire », la fin de la politique de secteur et le partage entre privé et public de l’offre de soins. Leur recette est classique : appauvrir le service public, qui forcément finit par dysfonctionner... puis appeler au sauvetage du service public par le privé.

C’est un véritable transfert de l’hospitalisation publique vers le secteur privé et son management en entreprise concurrentielle qu’organise le gouvernement. Leur objectif est clair : soins au moindre coût, tout pour les bénéfices des actionnaires.

Nous devons briser cette logique infernale !

La psychiatrie n'est pas à vendre ! Les hôpitaux ne sont pas des marchandises ! Ce sont des biens communs.

L’USP exige des moyens pour soigner les patients accueillis en psychiatrie. Nous voulons simplement pouvoir proposer un accueil digne de ce nom, par des équipes pluriprofessionnelles, en ambulatoire et à l’hôpital.

L’USP appelle tous ses adhérents et sympathisants à se mettre en grève et à manifester le 14 novembre aux côtés de l’ensemble des personnels de l’hôpital public. Il y a urgence à défendre l’intérêt commun !

Dr Pascal Boissel
Dr Delphine Glachant

Union Syndicale de la Psychiatrie, 52 rue Gallieni, 92240 Malakoff
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NOTRE SANTÉ EN GRAND DANGER : Les usagers dans l’action le 14 Novembre

Communiqué de la Coordination Nationale

Lure le 28 octobre 2019

NOTRE SANTÉ EN GRAND DANGER :
Les usagers dans l’action le 14 Novembre

Le refus du gouvernement de prendre en compte les besoins des hôpitaux et des EHPAD dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2020 mène à une véritable catastrophe sanitaire.

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité témoigne de son soutien à tous les personnels en lutte, à leurs organisations syndicales, à leurs collectifs (Collectif Inter Urgences, Collectif Inter Hôpitaux, Collectif inter-blocs), au printemps de la psychiatrie... Ces luttes sont celles des usagers qui ont besoin d'un service public hospitalier et d'EHPAD (Établissement d'hébergement de personnes âgées dépendantes) publics répondant à leurs besoins. Cela passe par l'arrêt des fermetures de lits, services et SMUR et des réouvertures, des embauches de personnels et une reconnaissance et revalorisation des métiers.

La Coordination Nationale est partie prenante de la journée d'action du 14 novembre. Elle appelle ses comités à organiser une participation massive à la manifestation parisienne et à contribuer à la mobilisation de toutes celles et ceux qui ne pourraient se rendre à Paris en prenant contact avec toutes les organisations des personnels dans leur territoire et toutes les organisations signataires de l'appel "Madame Buzyn, il faut donner plus de moyens pour notre santé".

Une ministre loin des réalités concrètes !

Une délégation de la Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a été reçue mercredi 25 septembre par Thomas Deroche, directeur adjoint du cabinet de la Ministre de la Santé, suite à une demande faite avant la journée nationale d’action du 15 juin, pour nos hôpitaux, nos maternités, nos services d’urgence, nos SMUR, nos services de gériatrie ...

La Coordination a rappelé son refus des fermetures de maternités : la volonté de sécurité affichée n’est que celle des administrations, pas celle de la population. C’est une fausse sécurité puisqu’elle ne prend en compte que l’acte d’accouchement entre l’arrivée de la maman à la maternité et sa sortie avec le bébé, alors qu’une vraie sécurité sanitaire se conçoit de la conception à la fin de la période périnatale. Cela a surtout pour but de faire des économies.

Cela vaut une réponse roublarde : pas d’économies puisque de toute façon la sécurité sociale rembourse l’accouchement où qu’il ait lieu : sauf que ces fermetures évitent de mettre en évidence le sous financement des accouchements normaux par la sécurité sociale, source de déficit pour les petites maternités !

Le reste de l’entrevue sera à cette image : il paraît que le nombre de personnels dans les services d’urgences a augmenté en proportion du nombre des passages !

Tout va bien Madame la Marquise et M. DEROCHE s’est montré presque choqué lorsque nous avons conclu que le secteur privé allait récupérer une partie des activités de soins les plus rentables, ce qui est bien le but des dernières réformes, comme pour tous les autres services publics.

Il a rappelé aussi que la volonté de mettre des moyens supplémentaires se heurtait au veto de Bercy, preuve, s’il en était besoin, que la politique d’austérité domine tout autre choix pour le gouvernement d’Edouard Philippe.

La Coordination Nationale a rappelé qu’elle demande

  • L’arrêt des fermetures de services et de lits et la réouverture en fonction des besoins. En exemple elle s’est étonnée qu’on ferme 150 lits de SLD à Emile Roux, 1000 lits dans l’AP HP alors que le rapport Libault prévoit une augmentation de 50 à 100 % des personnes âgées en perte d’autonomie d’ici 2050

  • Des conditions de travail des personnels leur permettant d’assurer une prise en charge de qualité des patients, notamment en augmentant le nombre de postes

  • La reconnaissance financière de tous les personnels hospitaliers : le manque d’attractivité c’est aussi que les infirmières sont pratiquement les moins bien payées d’Europe par rapport au salaire moyen

  • Le développement des centres publics de santé et non le recours quasi systématique au Pôle Libéral de Santé. Ces centres de santé sont la garantie d’une couverture territoriale, de l’absence de dépassements d’honoraires, la pratique du tiers payant.

  • Des mesures pour la régulation de l’installation des médecins (obligation à servir pour l’intérêt général, par exemple)

  • Une politique qui progresse vers une prise en charge 100 % Sécurité Sociale

  • La mise en place d’un service public du médicament. Les pénuries qui se multiplient sont les conséquences d’une recherche insupportable de profits maximum.

  • L’instauration d’une véritable démocratie sanitaire permettant le recueil des besoins au niveau des territoires et le contrôle des politiques mises en œuvre pour y répondre.

publication initiale par michelelfn le 30 septembre 2019
sur le site de la Coordination Nationale

PLFSS 2018 une nouvelle arme de destruction massive de la Sécu et de l’Hôpital Public !




Chaque année (depuis 1996 et l’application du plan Juppé de 1995) les députéEs votent au mois de décembre la loi de financement de la sécurité sociale, pour l’année suivante. Depuis des années c’est l’occasion pour les différents gouvernements, au nom de la nécessité de faire des économies, d’étrangler un peu plus la Sécurité Sociale et de réduire l’offre publique de santé au profit du privé.
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS 2018) ne dérogera pas à la règle. 

Voté en première lecture à l’Assemblée Nationale, discuté en ce moment au Sénat, il doit être voté définitivement à la mi-décembre.

Dans le droit fil de la déclaration de politique générale du premier ministre Edouard Philippe, devant l’Assemblée Nationale le 4 juillet 2017, la soi-disant réduction des déficits est le maître mot de ce PLFSS 2018.
La nouvelle ministre de la santé, Agnès Buzyn, n’hésite pas à utiliser les grosses ficelles et les plus gros mensonges pour justifier les nouvelles coupes dans les dépenses de santé prises en charge par la Sécu.
Elle déclare : « Nous allons fermer les lits qui ne servent à rien, ou les réorienter vers de nouveaux besoins ».
Pour juger de la pertinence de cette affirmation, il suffit de se rendre dans les services d’urgences, comme à Trousseau pour le CHU de Tours, et d’y voir les malades qui attendent des heures sur des brancards, dans les couloirs, qui attendent des jours dans l’Unité d’Hospitalisation de Courte Durée (UHCD, 24h) que des lits se libèrent dans les services bondés de l’établissement.

Les mesures concrètes contenues dans le PLFSS 2018.

1/ L’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie).

L’ONDAM fixe le montant prévisionnel des dépenses de l’assurance maladie pour l’année à venir. Chaque année il est censé progresser pour prendre en compte l’évolution générale des dépenses.
Pour 2018, la cour des comptes évalue cette progression, due à l’augmentation tendancielle naturelle, à + 4,5%.

Et quel taux de progression fixe le PLFSS 2018 ? + 2,3 % !

Cela implique donc des économies d’un montant de 4,2 milliards d’euros. Et dans ces 4,2 milliards d’économies, les hôpitaux publics devront en faire 1,4 milliard. Cette somme correspond à 31500 postes !
Le CHU de Tours doit être considéré comme un bon élève avec son projet de restructuration qui implique la suppression d’au moins 400 postes de titulaires, et le double si on y ajoute les emplois précaires (contractuel-les).

2/ Le CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi).

Enorme cadeau fait au patronat par le gouvernement Ayrault/Hollande en 2013, ce crédit d’impôt (déjà scandaleux) d’un montant de 20 milliards d’euros par an va être transformé… en exonération de cotisations sociales !
C’est donc autant de recettes en moins pour la Sécurité Sociale. Le déficit de la Sécu pour 2017 est annoncé à 4,4 milliards. Cette exonération représente donc près de 5 fois plus que le soi-disant déficit, déjà creusé par les précédentes exonérations de cotisations offertes aux employeurs, comme le Pacte de Responsabilité (9 milliards par an) mis en place par le même gouvernement Ayrault/Hollande en 2014.

Et le PLFSS 2018 ne s’arrête pas là puisqu’il supprime les cotisations payées (sauf pour les Accidents du Travail) directement par les employeurs à la Sécu pour tous les emplois payés au SMIC. En plus d’une attaque contre la Sécu, voilà un bel encouragement pour les patrons à payer au ras des pâquerettes les salariéEs !

Et pour tous les salaires en dessous de 1,6 SMIC, c’est à un allègement uniforme de 6 points de cotisations sociales qu’ils auront droit.

Elle est pas belle la vie quand on est employeur ?

3/ Hausse de la CSG (Contribution Sociale Généralisée).

Si on peut se frotter les mains du côté du Medef, la musique est différente du côté des salariéEs et des retraitéEs. En effet, la CSG va augmenter de 1,7%, pour compenser la baisse des cotisations sociales accordées aux salariéEs : -0,75% au titre de la maladie et -2,4% pour le chômage.
L’argument du gouvernement est de redonner du pouvoir d’achat aux salariéEs.

Plusieurs réflexions :
  • ce transfert des cotisations sur la CSG ne constitue en rien un gain de pouvoir d’achat pour le salariat, puisque ce qu’il va gagner en salaire direct, il va le perdre en salaire indirect, notamment au travers de la baisse des prestations sociales ; d’ailleurs la même argumentation avait été employée à la création de la CSG en 1991 par Michel Rocard : elle était alors de 1,1% et était rapidement passée à 6,6% pour les retraitéEs et 7,5% pour les salariéEs, et sans compensation. Le gain de pouvoir d’achat était très vite passé aux oubliettes ! Avec le 1,7% d’augmentation, la CSG passera donc en 2018 à 8,3% pour les retraitéEs et 9,2% pour les salariéEs.
  • les retraitéEs en sont pour leur frais, car ils/elles n’ont bien sûr aucune compensation : les pensions seront sèchement amputées de 1,7% ! Circulez, il n’y a rien à voir….
  • cette exonération de cotisations est une nouvelle attaque contre la Sécu, car la CSG étant un impôt, rien n’oblige le gouvernement à attribuer les recettes de cet impôt à la sécu ;
  • en basculant encore un peu plus le financement de la Sécu de la cotisation vers l’impôt, il sape encore un peu plus les fondements de notre protection sociale, basés sur la solidarité en lien avec le salaire. Cela prépare des changements plus radicaux qui visent à faire porter principalement le financement de la protection sociale sur l’impôt (les ménages) plutôt que sur les salaires(les employeurs).

4/ Augmentation du Forfait Hospitalier Journalier.

Créé en 1983, par Jack Ralite (communiste, ministre de la santé du gouvernement Mitterrand/Mauroy, Jack Ralite est décédé le 12 novembre dernier), ce forfait visait à faire payer par le malade une partie des frais dits « d’hôtellerie » lors d’une hospitalisation. C’était déjà à l’époque l’enclenchement d’une médecine à deux vitesses (accentuée par la suite par la mise en place de toutes sortes de franchises non prises en charge par la Sécu) : d’un côté ceux et celles qui n’avaient pas les moyens de payer ce forfait ou d’avoir une mutuelle qui le prenait en charge, et de l’autre côté tous les autres.

De 20 francs à l’époque (environ 3€), il était passé progressivement à 18€. Il passera en 2018 à 20€.

Evidemment que les mutuelles, complémentaires et assurances vont répercuter cette augmentation dans leurs tarifs. Et encore une fois, ceux ou celles qui auront les moyens d’avoir un contrat qui prend en charge cette augmentation s’en sortiront sans trop de dégâts, mais tant pis pour tous les autres…

5/ Date de revalorisation des pensions des retraitéEs.

Le gouvernement (comme ses prédécesseurs) n’est pas à une mesquinerie près.
Jusqu’à 2009, les pensions étaient revalorisées au 1er janvier. Sarkozy a repoussé cette revalorisation au mois d’Avril en 2009, Hollande l’a repoussée au mois d’octobre en 2014 et Macron la repousse au mois de janvier en 2019 !

En dix ans, c’est donc un gain d’une année de revalorisation qui est obtenue par la bande, et c’est une année de gel total pour les retraitéEs !

Conclusion provisoire….

A l’heure du nouveau scandale de l’évasion fiscale des riches, de l’inaction confirmée des pouvoirs publics contre les paradis fiscaux, ce gouvernement continue la même politique que les précédents : des cadeaux pour ceux et celles qui en ont plein les poches et serrage de ceinture pour ceux et celles qui n’ont déjà pas grand-chose !

Entièrement aux ordres du Medef et du capital, Macron veut aller vite dans le démantèlement de notre protection sociale telle que nous la connaissons. Supprimer le financement de la Sécu basé sur la cotisation liée au salaire pour le basculer sur l’impôt, réduire à terme à peau de chagrin ce qui sera remboursé par la Sécu afin d’obliger les ménages à prendre des assurances privées pour faire face à leurs soucis de santé, tel est son objectif.
Cela correspond à une double volonté du patronat :
  • alléger le « coût du travail » (donc augmenter ses profits) en supprimant en grande partie les cotisations qui alimentent notre salaire socialisé (la protection sociale) ;
  • s’offrir de nouveaux marchés juteux sur le terrain de la santé, pour ses grands groupes d’assurance et fonds de pension, « marchés » occupés et pris en charge pour le moment par la Sécu !

Prochain épisode prévisible de cette attaque généralisée contre notre protection sociale : notre système de retraite par répartition basé sur la solidarité intergénérationnelle…