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Le 21 janvier 2021, journée d'action dans la santé le social et le médicosocial

Professionnels et usagers sont venus manifester à Tours malgré la  tempête à l'appel des syndicats, CGT, SUD FO FSU et le collectif  Notre santé en danger.

Dans tous ces secteurs la situation aggravée par la pandémie n'est plus  supportable. Les "invisibles" qui s'occupent des "invisibles" dans le  social, et le médicosocial, ces exclus de la revalorisation des 183 € du Ségur ont demandé certes des augmentations de salaire, mais aussi dénoncé la casse organisée du travail social.

Mobilisation 21 janvier et lettre ouverte

Demain jeudi 21 janvier à 15H place Jean Jaurès, soyons mobilisés aux côtés des travailleurs de la santé et du médicosocial, pour exiger des moyens, des embauches, de meilleures conditions de travail et des augmentations de salaires, et donc de meilleures prises en charge pour tous les usagers ! voir tract en pièce jointe.

Suite à la mascarade de consultation lancée par la direction du CHRU sur le projet de restructuration de l'Hôpital qui se poursuit avec ses suppressions de postes et de lits, le Collectif santé a envoyé une réponse sous forme de lettre ouverte à la Direction.

20/01/2021

A l'intention de Mme la Directrice,

Lettre ouverte à la direction du CHRU de Tours

La population est invitée à donner son avis sur le futur hôpital jusqu’au 7 février. En tant que Collectif qui se bat pour un meilleur accès aux soins pour toutes et tous, nous saluons ce souci de démocratie. Nous regrettons par contre que celle -ci ne concerne pas principalement la raison d’être de l’hôpital, mais plus particulièrement les accès, les stationnements, l’environnement et le développement durable. Le soin devient accessoire dans cette consultation.

Nous nous réjouissons de voir qu’il y a dans les plans un bâtiment pédiatrique avec des urgences spécifiques ; notre combat pour faire remonter la volonté de la population de garder un hôpital dédié pour les enfants n’a pas été inutile. Par contre, notre inquiétude n’est pas levée pour autant. Le nombre de lits n’est pas indiqué et avec les injonctions de l’ambulatoire à tout prix, les restructurations se font avec une demande gouvernementale de suppressions de lits. Il y en a déjà eu 150 il en reste plus d’une centaine à fermer. Le regroupement en cours des psychiatries prévoit encore des suppressions alors que ceux-ci manquent pour hospitaliser les patients en crise…

Pour nous il est important aussi que le personnel qui s’occupe des enfants soit spécifique et qu’il n’y ait pas de turn-over entre personnel pour enfants et adultes.

Nous aimerions aussi en tant que patient.es pouvoir choisir d’avoir les soins dans le service public et de ne pas nous voir proposer d’aller dans le privé parce qu’il n’y a plus de créneau à l’hôpital.

Nous aimerions pouvoir être hospitalisé.es tant que notre état le nécessite et non en fonction de la place qu’on doit libérer pour honorer les statistiques ; nous aimerions que les professionnel.les qui nous soignent ne soient pas dégoûté.es de ne pas pouvoir faire leur travail correctement. Nous aimerions qu’ils soient suffisamment valorisés et ne soient pas amenés à quitter le service public par les mauvaises conditions de travail de rémunération et de soin.

Nous sommes certes intéressé.es à voir un hôpital accessible facilement avec un environnement arboré mais avant tout nous voulons des soins de qualité et nous pensons aussi que plus les structures s’agrandissent en se regroupant plus ils perdent en humanité. La concentration est l’option choisie en suivant les directives gouvernementales pour des raisons d’économie d’échelle mais pas pour des raisons de qualité des soins. La fermeture ou la menace sur les hôpitaux ou services de proximité n’est pas une amélioration de l’accès aux soins ; et pour ça vous ne demandez pas l’avis des citoyens !

Marie-Pierre Martin

Pour le Collectif 37 Notre Santé en danger

 

 

Rassemblement du 5 janvier à Tours

Ce mardi 5 janvier 2021, Macron venait à Tours pour promouvoir sa réforme des allocations familiales concernant le recouvrement des impayés des pensions alimentaires.

Cette volonté de défendre les familles monoparentales pourrait être applaudie si elle ne s'accompagnait pas de tout un ensemble de mesures qui précarisent une bonne partie de la  population, depuis qu'il est au pouvoir. C'est ce qu'a dénoncé la représentante de la CGT CPAM au rassemblement du 5 janvier place Jean Jaurès.

Le collectif 37 Notre santé en danger, les gilets jaunes, le syndicat Solidaire, avaient appelé à ce rassemblement malgré le peu de temps pour organiser la mobilisation.

A cette occasion, les secteurs de la santé, du médico social et de l'aide à domicile se sont invités pour manifester leurs revendications notamment pour les 183 € de revalorisation des exclus du Ségur. Plus d'une centaine de militants étaient présents.

Les grévistes, depuis le 21 décembre, de l'ADMR 41, Aide à Domicile en Milieu Rural,  avaient fait le déplacement. Elles  ont été applaudies pour leur courage et leur détermination. Une caisse de solidarité a circulé. Il est encore possible de les soutenir.

Il est possible d'envoyer un soutien à l'UD CGT 41 35-37 avenue de l'Europe 41 000 Blois en indiquant à l'intention du syndicat ADMR pour les grévistes.

Elles revendiquent une revalorisation substantielle de leur salaire et de leurs indemnités kilométriques honteusement sous payées. À travers elles c'est tout le secteur des invisibles de 1ère ligne qui redressent la tête.

Elles ont pu être reçues par une représentante de l’équipe de Macron qui devait transmettre leurs revendications à la ministre déléguée à l'autonomie, Mme Bourguignon.

Rassemblement mardi 5 janvier à l'occasion de la venue de Macron à Tours

Demain5 janvier, à 11h place Jean Jaurès à Tours, à l'occasion de la venue de Macron, un rassemblement aura lieu avec la venue d'une délégation de salariées de l'ADMR de Blois en grève depuis le 21 décembre. Elles défendent leurs conditions de travail et la revalorisation de de leur salaire. Nous les avions rencontrées sur leur piquet de grève, le 28 décembre dernier.

En décembre c'était aussi la lutte des exclus du Ségur pour les 183 €, une occasion de remettre en lumière ces revendications.

15 décembre 2020 journée nationale de lutte des exclus du Ségur pour exiger les 183 € de revalorisation salariale

 Compte-rendu faite par la délégation à Tours auprès du cabinet du préfet

Une vingtaine était partie de Tours rejoindre le rassemblement national Parisien qui a réuni environ 600 personnes dans une ambiance festive et déterminée.

À Tours, une quinzaine s’est retrouvée devant la préfecture d’Indre et Loire. Une délégation a été reçue par Charles FOURMEAUX, le directeur du cabinet de la préfète et une cheffe de bureau.

La délégation était composée de Laurence Le Goff, aide-soignante, salariée de la fonction publique hospitalière au SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile) de Semblançay, Delphine Lemettre, CGT, éducatrice spécialisée à l’ADAPEI (Association départementale de parents et d'amis des personnes handicapées mentales) et Geneviève Guibert retraitée du collectif 37 Notre Santé En Danger pour représenter les usagers.

Après avoir présenté les spécificités et la diversité du travail dans le médico-social, et les difficultés de ce secteur, les professionnelles ont insisté sur l’injustice ressentie de n’avoir pas été revalorisées contrairement aux salariées des hôpitaux, des EHPAD et des cliniques. Il s’ajoute aussi l’interrogation sur ce que va devenir ce secteur avec les difficultés de recrutement déjà existantes, et qui seront augmentées par cette inégalité salariale.

Concernant le domicile, la distinction a été faite entre les différents intervenants : l’infirmière assure les soins techniques tels que pose de perfusion, prise de sang, pansement complexe ; sous sa responsabilité, l’aide-soignant.e prodigue les soins d’hygiène et de confort, ce sont souvent les premier.ères à découvrir ce qui ne va pas. Leur rôle est aussi d’observer et de transmettre, afin d’éviter une hospitalisation, ils et elles peuvent également faire prendre les médicaments, il y a de plus en plus de délégation de tâches, ce qui veut dire qu’il faut une formation solide. Les aides à domicile font le ménage, les courses, les repas. Tous et toutes sont les maillons d’une chaîne qui permettent le maintien à domicile des personnes âgées, handicapées, des personnes atteintes d’une pathologie évolutive (sclérose en plaques, cancer, Parkinson), ou simplement de rester chez soi quand on a besoin d’une aide pour sa toilette durant quelques semaines après un accident. A l’heure où l’ambulatoire est en plein développement, ces professionnel.les sont indispensables et doivent être revalorisé.es pour assurer la pérennité de ces métiers, où le recrutement est déjà devenu très difficile.

Dans le secteur du handicap comme l’ADAPEI, la faiblesse des salaires amène de grosses difficultés de recrutement aussi bien des infirmière.es, des aides-soignant.es, des AES, Aides éducatif.ve.s et Sociaux-ales, des éducateurs.trices. Le manque de personnel est énorme dans ces secteurs qui travaillent en pluridisciplinarité dans des MAS, Maisons d’Accueil Spécialisée, ou des FAM Foyers d’Accueil Médicalisés. Les conséquences sur le travail et le moral des agents entraînant de la démotivation, des dépressions, et des démissions. Cela fragilise la prise en charge.

A la Mutualité par exemple, des salarié.es qui font le même travail avec un même employeur, dans des établissements situés dans la même rue, ont, ou pas les 183 € suivant qu’ils ou elles travaillent au centre de Soins de Suite et de Rééducation cardiovasculaire de Bois Gibert ou à l’IEM Institut d’Education Motrice ou bien au MAS/FAM de la Grande Maison. C’est le principe légal : à travail égal, salaire égal qui est remis en cause.

Les conséquences pour les usagers ont été soulignées et le collectif santé a insisté sur le fait que le sort des usagers et des salariés étaient liés. Quand les salarié.es des soins à domicile n’avaient pas de protection, comment pouvait-on imaginer qu’ils pouvaient se protéger et protéger les patients ? Il y a eu des secteurs où tout le personnel a été contaminé comme au Centre de Santé Municipal de St Pierre des Corps. Le manque de personnel retentit forcément sur les prises en charge, c’est pourquoi le collectif santé soutient cette revendication du personnel pour les 183 €.

Comme à Paris le représentant de l’État a bien sûr dit qu’il transmettrait aux autorités compétentes... ; une raison de plus pour continuer cette lutte jusqu’à obtenir satisfaction.

La prochaine grande date de mobilisation de la santé le 21 janvier sera l’ occasion de mettre cette revendication en avant, ce qui n’empêche pas toute initiative avant.