Conclusions minimalistes du ségur de la santé ! retour a l’ANORMAL ?

Communiqué de la Coordination Nationale

Lure le 23 juillet 2020

Conclusions minimalistes du ségur de la santé ! retour a l’ANORMAL ?

 

Heureusement que les luttes sont passées par là ! Et il va falloir poursuivre car les annonces du Ministre de la Santé à la remise du rapport sur le Ségur par Nicole Notat sont minimalistes et ambiguës, porteuses de menaces pour l’avenir !

L’accord sur les salaires avait donné le « la » : avec les mobilisations successives, les augmentations proposées avaient été revues à la hausse, même si elles restent très insuffisantes. Elles se sont accompagnées de mesures de nature à aggraver les conditions de travail des personnels comme la possibilité d’accords locaux sur le temps de travail et l’intéressement collectif.

Côté formation, pas un mot pour augmenter le nombre de médecins formés. La même politique est poursuivie : faire travailler à l’hôpital les médecins libéraux et en ville les médecins hospitaliers. Cela n’a jamais dégagé de temps médical, mais contribue à la disparition de la notion de service public, complètement absente d’ailleurs de l’ensemble des annonces.

Côté capacités d’accueil, 4000 lits temporaires en zone touristique (et avec quel personnel?) ne régleront pas les attentes d’un lit libre sur les brancards des services d’urgence dans des hôpitaux saturés la majeure partie de l’année. Pendant que le ministre parle, des services de soins non programmés sont fermés pour l’été, comme à La Réole ou Valognes et des hôpitaux rechignent à embaucher les médecins nécessaires à leurs maternités comme à Digne les Bains ou Dinan : les personnels et la population doivent se mobiliser pour simplement obtenir une recherche active des professionnels nécessaires. Les groupements hospitaliers de territoire, l’usine à casser la proximité, ne sont pas remis en cause par le Ministre.

Annonces à minima aussi sur la gouvernance ! Changer le nom des instances de démocratie sanitaire ne donne pas plus de pouvoirs aux élus, aux personnels et aux usagers, surtout quand les représentants des usagers sont désignés par les directeurs d’ARS, en privilégiant ceux qui ne font pas de vagues. Il y a urgence à revenir à des élections des représentants des assurés pour la gestion de la Sécurité Sociale permettant un contrôle démocratique des dépenses de santé.

En l’absence d’un bond démocratique, les milliards d’investissement nous laissent interrogatifs : rénover en fermant à nouveau des lits, des services de proximité, en augmentant les restes à charges sous forme de forfait « chambre individuelle » imposé ou répondre aux besoins ? Développer le service public ou donner de nouveaux gages à l’hospitalisation privée ?

Pour la Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et Maternité de proximité, la mobilisation est plus que jamais d’actualité pour l’accès aux soins de toutes et tous dans la proximité, avec ses corollaires, le service public, la démocratie : les actions se poursuivent tout l’été dans les territoires et s’amplifieront à l’automne, en particulier autour du débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2021 : les milliards annoncés doivent s’y retrouver, sans contre partie contraire l’intérêt de la population !

Nous engagerons d’ailleurs en 2020, 2021, avec la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, une grande campagne pour la Sécurité Sociale à l’occasion des 75 ans de sa création qui sera lancée par une initiative nationale les 2 et 3 octobre à Saint-Etienne.

 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Coordination Nationale, infos de la semaine

2026 comme 2025 ; pendant que notre ministre se promène dans les services d'Urgences pour s'inquiéter des conséquences de la grève des médecins libéraux, les services d'urgences continuent de fermer, l'hôpital public est sacrifié au profit du privé. Quand mesurera-t-on au gouvernement les conséquences concrètes de ses abandons.

Succès de la mobilisation à Clocheville

Le goûter revendicatif devant l’hôpital pédiatrique Clocheville, appelé par l’intersyndicale (CGT, SUD, FO CGC), le collectif Clocheville sous tension, et notre collectif, à réuni une bonne centaine de personnes ce mercredi 26 novembre, pour soutenir la grève entamée le 21/11.

Les exclus du Ségur ont fait entendre leur protestation le 15 décembre

À Paris,

Ils se sont retrouvés à près de 600 de divers coins de France de diverses catégories des "exclus du Ségur", du soin à domicile, de psychiatrie, du secteur du handicap, mais toutes et tous en colère par l'injustice de cette exclusion.

La manifestation était animée et colorée et bien expressive.

Une délégation a été reçue au ministère par un sous-fifre et renvoyé à l'attente des conclusions du rapport de la mission Laforcade.

Le gouvernement essaye de temporiser mais la colère monte et s'étend; dans une émission de France Inter un directeur d'EHPAD a demandé à la fin de l'émission de revaloriser les salariés du secteur du domicile.

À Tours,

Un rassemblement symbolique a eu lieu puisque l'appel était pour Paris. Il y a eu jusqu'à une vingtaine de personnes; une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de la préfète et une cheffe de bureau. Le collectif santé faisait partie de la délégation pour exprimer le soutien des usagers à la revendication des professionnels car l'injustice qu'ils subissent, la faiblesse des salaires et donc les  difficultés de recrutement aggravent les problèmes d'effectifs qui retentissent  forcément sur la qualité de prise en charge des personnes.

Le rassemblement a été rejoint par la manifestation des cafetiers et restaurateurs qui subissent durement les fermetures administratives dues au COVID.

Ces mobilisations ne signent pas la fin de cette lutte. Un appel a été lancé pour participer à la grande journée nationale d'action du 21 janvier.