Soirée du 14 octobre au CNP/Collectif santé : « Santé on ne change pas une politique qui tue »

Avec cette soirée, notre Collectif poursuit son travail de fond d’information et de mobilisation de la population par rapport aux politiques constantes qui visent à la privatisation et la marchandisation de la santé. C’est bien sur l’hôpital public qui est touché de plein fouet par les incessantes restructurations et fermetures de lits. La projection du film documentaire allemand « le bon patient pour le marché dans l’usine de l’hôpital » a mis en évidence les reculs extrêmement nocifs amenés par la tarification à l’activité sur la qualité des soins. Il témoigne également de l’épuisement des soignants qui perdent le sens de leur travail. La situation en France n’est pas meilleure, c’est un constat qui a été partagé par toute la salle, malgré la crise sanitaire, rien ne change ! Sabrina Ali Benali, auteure du livre : La révolte d’une interne (2017), participait en visio-conférence à cette soirée débat. La syndicaliste SUD Santé de l’hôpital a illustré concrètement les impacts du plan de restructuration au CHRU de Tours. Le collectif santé a rappelé que c’est 300 milliards d’argent public dont bénéficient chaque année les grands monopoles tels que Total, Renault, etc… sous toutes formes, ce qui bien sûr, impose l’austérité à l’hôpital ! Ce sont bien des choix politiques au service des intérêts capitalistes qui sont faits, il y a donc urgence à se mobiliser !

Devant l’entrée de la salle une frise chronologique faite par le collectif santé exposait les différentes étapes de destruction de l’hôpital au fur et à mesure des lois prises par les gouvernements successifs

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Le jeudi 28 mai, l'intersyndicale des retraité.es et le collectif santé ont présenté une soirée débat sur les déserts médicaux dans le cadres du CNP Cinéma national populaire aux Studio. 

>Ce sujet qui désespère rien qu'à l'évocation de son nom a pourtant suscité un riche débat et l’occasion de rappeler que la bataille pour la réponse aux besoins de santé peut être victorieuse.

« AUCUN Hôpital de Proximité ne fermera » ...?

Hopital de Vierzon

Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité

Image005« Aucun hôpital de proximité ne fermera » cette affirmation de Mme la Ministre de la Santé est une vraie provocation pour les défenseurs des hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay, ceux de Bichat et Beaujon, tous menacés de fermeture. Elle l’est aussi pour les populations et les professionnels de Gray, Chateaudun, Remiremont, Chatellerault, Sarlat, Ruffec, Granville, Aubagne, Morlaix, Creil...qui voient des services fermer et leur hôpital se vider de sa substance, devenir EHPAD ou « hôpital debout », comme l’Hôtel Dieu à Paris.

Cette déclaration de la Ministre va dans le même sens que le rapport du Haut Conseil sur l’Avenir de l’Assurance Maladie qui propose la multiplication de structures de proximité ,établissements qui n’auront plus rien à voir avec un hôpital et qui seront chargés du suivi de certaines maladies chroniques, des grossesses « normales » et n’auront plus ni plateaux techniques, ni services d’urgence.

Hopital de Vierzon

 Si elle ne ferme pas, donc, elle fait pire, en supprimant l'essentiel des services et en vidant de sa substance et de son attractivité les centres sanitaires publics ; elle fait croire que les solutions réductives proposées sont suffisantes, au mépris des besoins des territoires, des personnels et des populations.

Pour ces derniers, justement, les propos de la Ministre ne sont pas moins scandaleux puisqu’elle admet qu’il est normal de fermer des services d’urgence dans les zones où il y a moins de population pour en ouvrir là où il y en a le plus: quelle égalité des citoyennes et des citoyens pour l’accès aux soins ?

En fait, de réformes en réformes et aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour la démographie médicale, notre système de santé en est arrivé à la situation actuelle : concentration à outrance remettant en cause la proximité, manque drastique de médecins et autres professionnels de santé mais, dans le même temps, développement du secteur privé : 1389 établissements publics, 1009 cliniques privées à but lucratif et 691 établissements privés à but non lucratif (chiffres DREES 2017).

Car c’est bien là que le gouvernement, comme les précédents veut arriver: diminution des budgets publics, dont celui de la santé avec un PLFSS 2019 (projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) qui s’annonce une fois de plus en baisse pour le plus grand bénéfice des complémentaires privées.

Mme la Ministre, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ne peut accepter vos propos mensongers sur la situation actuelle : nous exigeons la reconnaissance du droit à la santé pour toutes et tous partout (droit inscrit dans le préambule de la constitution).

Pour cela, il faut maintenir et multiplier les hôpitaux de proximité qui doivent offrir sur chaque territoire : une maternité, un service de chirurgie générale, un bloc opératoire et un service d'urgences, un service de radiologie et un laboratoire : nous en sommes loin ! L'aménagement du territoire doit être plus que jamais égalitaire et solidaire. Or votre politique madame le Ministre fait tout le contraire dans le domaine sanitaire et bafoue les fondements de notre République.

Image depuis Communiqué Urgences 14 06 2018 page 3