Procès du Médiator

Le collectif santé se réjouit des condamnations qui ont été prononcées contre les laboratoires Servier, l’Agence Nationale du Médicament et plusieurs consultants ayant travaillé pour le laboratoire qui produisait le Médiator.

Ce procès fleuve est le résultat de la détermination de la lanceuse d’alerte, Irène FRACHON, qui a mis en lumière les agissements criminels de ces « délinquants en col blanc » comme elle les appelle, responsables de centaines de morts et de handicapés. Il aura fallu 10 ans pour que comparaissent enfin devant la justice les responsables de ce scandale sanitaire. La tenue de ce procès résonne d’autant plus dans la période que nous traversons, où les scandales n’ont pas manqué : absence de protection (il n’était pas utile de mettre des masques et d’ailleurs, nous ne savions pas les mettre), absence de test, absence de lit de réanimation, de personnel qualifié, de matériels de réa, et maintenant de vaccin, avec toutes les conséquences sur l’accès général aux soins et les appels au secours des soignants qui voient arriver le moment où ils devront faire des choix entre les patients.

Ce procès vient donc rappeler que l’impunité ne doit plus être de mise en matière de santé publique et les petits arrangements entre amis, agence d’état et laboratoires privés, ne doivent plus être dissimulés.

Pour autant, tous les verrous n’ont pas sauté, et les « cols blancs » bénéficient encore d’une grande mansuétude de la justice, le laboratoire Servier poursuit ses petites affaires, de nombreux consultants s’en sortent avec des peines minimes et du sursis, les responsables politiques eux, n’ont pas été inquiété (dont Xavier BERTRAND, alors ministre de la santé), mais dans l’esprit de tout le monde, ils sont coupables. Avec les pressions qui ont été exercées et dans la crise sanitaire que nous vivons, ce procès est une victoire incontestable.

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« AUCUN Hôpital de Proximité ne fermera » ...?

Hopital de Vierzon

Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité

Image005« Aucun hôpital de proximité ne fermera » cette affirmation de Mme la Ministre de la Santé est une vraie provocation pour les défenseurs des hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay, ceux de Bichat et Beaujon, tous menacés de fermeture. Elle l’est aussi pour les populations et les professionnels de Gray, Chateaudun, Remiremont, Chatellerault, Sarlat, Ruffec, Granville, Aubagne, Morlaix, Creil...qui voient des services fermer et leur hôpital se vider de sa substance, devenir EHPAD ou « hôpital debout », comme l’Hôtel Dieu à Paris.

Cette déclaration de la Ministre va dans le même sens que le rapport du Haut Conseil sur l’Avenir de l’Assurance Maladie qui propose la multiplication de structures de proximité ,établissements qui n’auront plus rien à voir avec un hôpital et qui seront chargés du suivi de certaines maladies chroniques, des grossesses « normales » et n’auront plus ni plateaux techniques, ni services d’urgence.

Hopital de Vierzon

 Si elle ne ferme pas, donc, elle fait pire, en supprimant l'essentiel des services et en vidant de sa substance et de son attractivité les centres sanitaires publics ; elle fait croire que les solutions réductives proposées sont suffisantes, au mépris des besoins des territoires, des personnels et des populations.

Pour ces derniers, justement, les propos de la Ministre ne sont pas moins scandaleux puisqu’elle admet qu’il est normal de fermer des services d’urgence dans les zones où il y a moins de population pour en ouvrir là où il y en a le plus: quelle égalité des citoyennes et des citoyens pour l’accès aux soins ?

En fait, de réformes en réformes et aucune mesure sérieuse n’ayant été prise pour la démographie médicale, notre système de santé en est arrivé à la situation actuelle : concentration à outrance remettant en cause la proximité, manque drastique de médecins et autres professionnels de santé mais, dans le même temps, développement du secteur privé : 1389 établissements publics, 1009 cliniques privées à but lucratif et 691 établissements privés à but non lucratif (chiffres DREES 2017).

Car c’est bien là que le gouvernement, comme les précédents veut arriver: diminution des budgets publics, dont celui de la santé avec un PLFSS 2019 (projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) qui s’annonce une fois de plus en baisse pour le plus grand bénéfice des complémentaires privées.

Mme la Ministre, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ne peut accepter vos propos mensongers sur la situation actuelle : nous exigeons la reconnaissance du droit à la santé pour toutes et tous partout (droit inscrit dans le préambule de la constitution).

Pour cela, il faut maintenir et multiplier les hôpitaux de proximité qui doivent offrir sur chaque territoire : une maternité, un service de chirurgie générale, un bloc opératoire et un service d'urgences, un service de radiologie et un laboratoire : nous en sommes loin ! L'aménagement du territoire doit être plus que jamais égalitaire et solidaire. Or votre politique madame le Ministre fait tout le contraire dans le domaine sanitaire et bafoue les fondements de notre République.

Image depuis Communiqué Urgences 14 06 2018 page 3