Soutien des usagers aux mobilisations hospitalières

Communiqué de la Coordination Nationale

Lure le 5 Septembre 2019

Soutien des usagers aux mobilisations hospitalières

Les uns après les autres, les services d’urgence se mettent en grève, n’en pouvant plus de parquer les malades sur des brancards, de ne plus faire leur boulot de soignants, prendre soin : le mouvement a traversé l’été en s’amplifiant avec 237 services en grève au 2 septembre.

Les causes sont multiples, avec trois principales, la désertification médicale multipliant le recours aux urgences faute d’autres possibilités, la suppression massive de lits dans les hôpitaux faisant des urgences un goulot d’étranglement et la fuite des personnels malmenés, mal considérés.

La désertification médicale ne se réglera pas d’un coup de baguette magique, d’autant plus que la ministre se refuse aux vraies solutions, le développement notamment d’un service public, l’obligation à servir des jeunes médecins.

Alors il faut se donner les moyens d’une prise en charge humaine de ceux qui n’ont que les urgences comme recours !

Le mouvement des urgences n’est que la traduction du malaise d’un hôpital public mis à mal par la politique nationale de santé en vigueur.

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, représentante d’usagers, lieu de convergences entre usagers, personnels et élus, apporte son soutien à toutes les luttes, aux revendications des personnels : l’arrêt des fermetures de lits, de services et des réouvertures, des créations de postes, une vraie revalorisation des métiers hospitaliers.

Elle apporte son soutien au collectif inter urgences qui tient son assemblée générale le 10 septembre. Elle rappelle que les convergences sont nécessaires avec les médecins hospitaliers, avec l’ensemble des personnels hospitaliers et avec les usagers, ceux pour qui fonctionnent les services d’urgence et les hôpitaux et qui leur donnent leur raison d’être. Les usagers ont besoin de proximité, gage de sécurité : c’est aux professionnels à les orienter, si besoin, vers des soins plus spécialisés.

Elle appelle ses comités, ses militants, la population, à participer aux mobilisations organisées par la CGT santé et action sociale le 11 septembre et à se mobiliser plus que jamais pour défendre hôpitaux, maternités et, d’une façon générale, l’accès aux soins pour toutes et tous.

Elle met en garde la ministre : remplacer le goulot d’étranglement à la sortie des urgences par une restriction à l’entrée serait gravissime pour la santé de la population. Quant à la proposition d’accès direct à des services, elle nous paraît du pur effet d’annonce : cela ne créera pas les lits après lesquels les services d’urgence courent !

Elle va lancer dans les jours et les semaines à venir une grande campagne pour que l’hôpital public ait les moyens dont il a besoin.

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Le Covid19 percute notre service public de santé, fragilisé par la politique du gouvernement et de ses prédécesseurs !

Partie d’un marché aux animaux en Chine, l’épidémie de coronavirus Covid19 est devenue une pandémie qui touche tous les continents. L’évolution dramatique, en quelques jours seulement, dans un pays comme l’Italie, au cœur de l’Europe, laisse présager de ce qui peut arriver à très court terme en France.

La responsabilité du gouvernement

Bien que les spécialistes en tous genres dans les grands médias, que nos gouvernants, aient essayé de nous rassurer en déclarant sur tous les tons que nous avions un système de santé bien supérieur à celui de l’Italie, personne n’est dupe.

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Depuis plus d’un an ce gouvernement, qui aujourd’hui découvre la nécessité d’un tissu hospitalier public performant en cas de crise, méprise les personnels et refuse de répondre à leurs revendications. Il est plus qu’hypocrite aujourd’hui de leur tresser des lauriers et de les encenser pour leur dévouement. Va-t-il enfin répondre aux exigences des personnels et usagers de la santé qu’il a refusé d’entendre jusqu’à présent ?

Des milliards pour les entreprises et les banques, la stigmatisation pour la population !

Les solutions proposées par ce gouvernement ne sont pas à la hauteur de la crise : au lieu de dégager des crédits pour renforcer les équipes, rouvrir des lits, acheter du matériel, il fait appel aux « jeunes » retraitées, supprime les congés, les repos et prône la généralisation des consultations par télémédecine.

Les crédits dégagés permettent avant tout aux entreprises de continuer à tourner, pour garantir leurs prêts bancaires en leur versant des milliards (donc nos impôts et nos cotisations), alors que quasiment rien n’est prévu pour protéger les salarié-es, la population.

On a même vu la ministre du travail déclarer qu’il n’y avait pas matière à procéder à des droits de retraits (c'est-à-dire quitter le travail) de la part des salarié-es qui s’estimaient exposé-es au virus.

Pourtant, Macron et son gouvernement nous font la leçon et renvoient à la responsabilité individuelle la propagation du virus.

Cette crise sanitaire au niveau mondial est intrinsèquement une conséquence du système économique actuel, qui privilégie les profits à court terme au détriment des écosystèmes, des services publics et - par extension - de notre santé. Les mesures efficaces et responsables à prendre pour lutter contre le Covid19 ne peuvent l’être qu’en remettant en cause cette logique et en remettant l’intérêt général au centre de nos préoccupations.

Le collectif 37 « Notre santé en danger » appelle bien sûr la population à respecter scrupuleusement les mesures barrières pour freiner la progression du Covid19 (lavage de mains, prise de distance, confinement, port de masque, etc.).

Des mesures d’ampleur et collectives qui doivent être prises !

  • Pourquoi ne pas avoir dès le début organisé et orienté la production des masques et du gel hydroalcoolique, (quitte à réquisitionner des entreprises) afin de les distribuer massivement et gratuitement ? Ils sont devenus introuvables rapidement par une grande partie de la population y compris pour des professionnels de la santé ou de l’assistance à la personne. D’autant plus que maintenant, vu le nombre de cas, il n’est plus possible de procéder aux tests de dépistage systématique.
  • Pourquoi ne pas stopper la production non indispensable afin de protéger les salarié-es ?
  • Pourquoi ne pas augmenter immédiatement les budgets hospitaliers pour ouvrir des lits, procéder à des recrutements massifs en CDI dans un premier temps et revaloriser les salaires ?
  • Pourquoi ne pas réquisitionner sans contreparties les cliniques privées pour assurer momentanément des missions de service public ?

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