Quand l'Ordre fait désordre

COMMUNIQUE DE L’USP du 3 avril 2018

L'Union syndicale de la psychiatrie appelle au rassemblement organisé devant le siège du Conseil national de l'Ordre des médecins (4 rue Léon Jost, Paris 17e), le 11 avril dès 8 heures 15.
Nous y soutiendrons la docteur Karine Djemil, médecin du travail, qui risque une suspension d'exercice de six mois. Ce qui lui est reproché, c'est d'avoir eu un rôle de lanceuse d'alerte sur deux affaires de domination masculine des plus crues, sur le lieu de travail.
Alors que les paroles de femmes se multiplient, en France comme dans le monde entier, le CNOM osera-t-il condamner une consœur qui veut seulement que la loi commune s'applique aussi sur les lieux de travail? Au moment où la féminisation du CNOM est organisée par cette institution, ce serait alors montrer que l'égalité homme-femmes n'est en fait pas du tout à son programme.

Pascal Boissel, président

Voir également l'appel de la FERC-CGT

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La direction du CHRU en difficulté répond par des menaces

La directrice du CHRU de Tours n’a pas d’autre choix que de dire au personnel de se taire et de ne pas dénoncer les plans de destruction de l’hôpital public de Tours. Contrainte par les engagements pris avec le gouvernement dans le cadre du plan COPERMO, elle fait le travail qui lui a été assigné et demande qu’on encense la technologie au détriment de l’humain, les plans de robotisation, de suppression des hôpitaux de semaine, de développement de l’ambulatoire, de fermeture de l’hôpital pédiatrique de Clocheville, de l’Ermitage et de la Clinique psychiatrique universitaire, de suppression de centaines de postes et de lits. Le personnel devrait accepter de faire un travail bâclé faute de moyens. Pour les usagers, il n’y aurait pas d’autre choix que de quitter l’hôpital à peine arrivés… s’ils trouvent une place car avec les suppressions de lits il n’est pas rare que les urgences transfèrent les patients vers le privé (voir article).

La réponse à la résistance des syndicats a été de les assigner au tribunal pour remettre en cause les droits des élus CHSCT de demander des expertises par rapport aux restructurations des services (voir notre article).

Ces menaces ne sont pas une preuve de force. Ni les salariés, ni les usagers, ne peuvent accepter cette destruction de l’hôpital public et ce chantage. Le semblant de concertation avec quelques usagers triés sur le volet dans le cadre d’un forum citoyen a conclu aux orientations déjà prévues par la direction ; comme il est dit dans la conclusion du rapport de ce forum, « l’efficacité économique du nouvel hôpital est un impératif non négociable… ». Mais que veut dire cela lorsqu’il s’agit d’un service public en général et de la santé en particulier. Nous aurons l’occasion d’y revenir en détail.

Le choix de s’adapter à l’austérité imposée par les gouvernements qui se succèdent pendant que les plus riches se voient diminuer leurs impôts de façon directe ou indirecte, n’est pas celui du collectif 37 « Notre santé en danger » ; il faut répondre aux besoins de santé de la population et à l’exigence des salariés de pouvoir faire un travail digne et respectueux des personnes accueillies.

Nous continuons à mener cette lutte et pour donner la parole au personnel et usagers nous travaillons à la réalisation d’un film avec l’équipe de Sans Canal Fixe. Vous pouvez nous contacter si vous voulez participer, témoigner ou soutenir financièrement ce projet. Dans ce but, nous organisons un concert de soutien le 15 avril prochain à la salle des fêtes de St Pierre des Corps avec les chorales Akwaba d’Esvres. Retenez cette date dès à présent. Il n’y a pas de fatalité à accepter d’avoir moins de moyens pour se soigner qu’avant, alors que les plus riches s’enrichissent toujours plus, ni à perdre notre hôpital pour enfants qui fait la fierté de la ville.

Journée Mondiale de la Santé

Le collectif santé a marqué cette journée mondiale de la santé en étant présent place Jean Jaurès entre 12h et 14h ce 7 avril, avec distribution du tract unitaire du Tour de France de la Santé. L'occasion de discuter avec les passants sur les difficultés d'accès aux soins et pour appeler à défendre la Sécurité sociale.